Du 15 au 19 janvier 2026, le Festival du Film Politique de Carcassonne déploie une programmation dense et exigeante sous les remparts de la cité médiévale. À partir de plus de 300 films visionnés, fictions, documentaires et courts métrages interrogent le monde contemporain. Entretien avec Régine Arniaud, du comité de sélection fiction du festival, figure familière du cinéma et de la transmission, qui défend un cinéma politique ouvert, sensible et profondément tourné vers les publics.
Il y a cette année 5 jours de festival, avec fictions et documentaires confondus, 315 films visionnés, 47 ont été sélectionnés. La compétition cette année présentera : 6 courts métrages, 8 documentaires, 7 longs métrages de fiction, dont le très émouvant « À pieds d’oeuvre » de Valérie Donzelli, un dézingage brillant des patrons déshumanisés, qui exploitent des travailleurs esclaves. Un petit bijou d’émotion et de finesse.
Et le grand évènement cette année est l’ouverture de « La Boîte », un lieu dédié aux courts métrages, format souvent relégué au second plan, mais qui pourtant mérite une place de choix dans l’industrie cinématographique. Les courts métrages sont des œuvres à part entière et pas du tout, comme on le croit trop souvent des sortes de teaser pour longs métrages en devenir. « La Boîte » est une structure associative, avec une très belle et très neuve salle de projection, située au 45 rue Jean Bringer, au centre de Carcassonne, elle ouvrira en même temps que le Festival, mais ne fermera pas ses portes après la fin de l’événement, bien au contraire. « La Boîte projettera tout au long de l’année de nombreux courts métrages, afin que le public découvre le travail de ces réalisateurs souvent en manque de visibilité.
À pieds d’œuvre de Valérie Donzelli, par exemple, est un film très fort. Il parle du monde du travail, de la violence sociale, de la déshumanisation, mais avec une grande délicatesse, beaucoup d’émotion et jamais de lourdeur. Il y aura aussi le très attendu « The president’s cake », la Caméra d’Or du 78ème Festival de Cannes, l’un des films les plus efficaces, tournés récemment sur l’Irak de Saddam Hussein, ou encore le très irlandais et très Ken Loachien « Christy and his brother » de Brendan Canty, qui célèbre la vie, la joie, malgré les difficultés et les douleurs.
En effet, le Festival ouvrira cette 8ème édition le jeudi 15 janvier avec «La guerre des prix » du français Anthony Dechaux, une fiction singulière qui nous plonge au cœur d’un enjeu quotidien, l’alimentation et l’univers impitoyable des centrales d’achat et de la grande distribution. Il fermera ses portes le lundi 19 janvier avec le documentaire norvégien « Facing war » de Tommy Gulliksen, qui suit l’ancien Secrétaire Général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, pendant la dernière année de son mandat, alors qu’il négocie un soutien à l’Ukraine.Ce soir-là, les différents jurys remettront Prix et Récompenses.