L’équipe du festival du film politique de Carcassonne a sélectionné une petite pépite pour cette édition 2026. D’un propos coriace et un peu sordide, qui se déroule dans un quartier ouvrier et populaire marqué par la précarité, Brendan Canty fait un film lumineux et saisissant. Un témoignage profond entre Charles Dickens et Ken Loach, mais en Irlande.
Christy, 17 ans, orphelin et expulsé de sa famille d’accueil, se retrouve provisoirement chez son demi‑frère Shane qu’il connaît à peine, et qui vient de devenir papa. Largué et contraint à ce retour aux sources provisoire, il est en proie à une rébellion destructrice. La vie ne lui a jamais fait de cadeaux, et pourtant, loin de céder à la colère ou à la violence, il apprend à prendre ses propres décisions. Il choisit ses pas et construit sa résilience, faisant de l’adversité un moteur. En se liant à ce quartier presque oublié, il se confronte à ses faiblesses et transforme sa solitude en force intérieure pour avancer vers sa vérité.
Il émane de ce film une lumière sacrée, qui malgré l’acharnement du sort, nous fait croire au souffle de vie pour rééquilibrer les injustices. Cet éclat, c’est une jeunesse à vif que Brendan Canty a captée à travers son casting impeccable. À commencer par Danny Power qui incarne son premier rôle. Christy, porte son nom en croix autour du cou. Ses yeux délavés abritent une candeur fragile, mais intacte lorsque le souvenir de sa mère lui rappelle les gestes anodins dont elle le signait d’amour. Les copains de la bande : un petit gros en fauteuil roulante, une blondinette qui a la tchatche, une poupée grande gueule, et un boutonneux empathique, lui donnent le sentiment qu’il est à sa place.
Brendan Canty – réalisateur du clip Take me to church de Hozier – a choisi le nord de Cork qu’il connaît bien pour y avoir grandi avec son ami Alan O’ Gorman – scénariste de ce film -, une petite ville irlandaise de la côte sud-ouest pour éclairer les quartiers populaires. C’est là qu’ils ont sans doute eux aussi développé cette autodérision à toute épreuve, humour parfois acerbe, mais salvateur qui reflète à la fois la résilience et l’identité des déshérités. Dans Christy and his brother, cette capacité à sortir de soi qui efface les frustrations et nourrit une créativité singulière témoigne d’un procédé aussi libre que naturel : l’art de réinventer son existence en milieu hostile. D’une vitalité brûlante comme le bitume et aussi tapageuse que le rap, ce film déchire le cœur avant de donner envie de se rendre dans le nord de Cork pour prendre un peu de cette potion magique.
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Sortie le 21 janvier 2026.
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