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« À pied d’œuvre » de Valérie Donzelli : un film bouleversant sur l’art et la précarité

par Régine Arniaud
01.02.2026

Valérie Donzelli filme la chute volontaire d’un photographe devenu écrivain précaire. « À pied d’œuvre », porté par Bastien Bouillon, est un bijou d’émotion sur l’art et le sacrifice, qui sort sur nos écrans le 4 février 2026.

Valérie Donzelli, ou le cœur à portée de main

Elle vit sa vie et son art à son gré, sans trop s’embarrasser des modes, des exigences et des contraintes que la puissante industrie du cinéma impose la plupart du temps.

Le public la connaît surtout depuis son deuxième long métrage, le très beau « La guerre est déclarée », sorti en 2011, co-réalisé et interprété avec son compagnon de l’époque, Jérémie Elkaïm. Ce film d’une autobiographie assumée, raconte le courage de deux parents qui vont au combat pour sauver leur enfant gravement malade. Valérie Donzelli y raconte déjà la vie des gens, leurs épreuves, leurs victoires.

« Juste quelqu’un de bien, le cœur à portée de main, sans grand destin, juste quelqu’un de bien… » les paroles de la chanson d’Enzo Enzo pourraient magnifiquement éclairer les personnages des films de Valérie Donzelli. Et « À pied d’œuvre » n’échappe pas à la règle.

Un hommage « aux petits, aux sans grade »

Paul Marquet, incarné par Bastien Bouillon, est un photographe à succès. Il gagne très bien sa vie, il est même reconnu par ses pairs. Mais Paul Marquet n’est pas heureux, son rêve : devenir un écrivain et qui sait, peut-être même accéder à la gloire littéraire. Paul Marquet quitte sa femme (interprétée par Valérie Donzelli), ses enfants et sa vie confortable pour de petits boulots qui peuvent paraître minables, mais qui lui permettront, du moins il l’espère, d’écrire son « œuvre » pendant les longues nuits.

L’une des questions que Valérie Donzelli pose dans ce film concerne le statut de l’artiste… Elle donne ici une réponse, qui n’est pas forcément celle à laquelle on s’attendait… L’épanouissement d’un artiste ne dépend ni de la célébrité, ni du succès, mais d’un besoin vital, de sa capacité à tout sacrifier à son art.

Et côté sacrifice, Paul Marquet boit la coupe jusqu’à la lie. Pour vivre, il accepte n’importe quelle tâche, à n’importe quel prix, il compte sou par sou ses maigres ressources, renonce peu à peu au confort, au jeu social. Invisibilisé, il est rapidement humilié par une société pour laquelle seuls l’argent et la réussite comptent. La descente de Paul Marquet dans les enfers de la précarité est décortiquée par la réalisatrice avec beaucoup de justesse. Ne croyez pas pour autant que Paul Marquet soit un pauvre type, un raté, un minable, il a juste choisi un autre chemin, celui de l’endurance, de la modestie.

Paul Marquet est une Nina moderne, il pourrait s’approprier la réplique que Tchekhov a écrite pour elle dans « La Mouette » : « Dans notre métier, artistes ou écrivains, peu importe, l’essentiel n’est ni la gloire, ni l’éclat, tout ce dont je rêvais, l’essentiel, c’est de savoir endurer… ».

Bastien Bouillon, la grandeur dans la modestie

Qui de mieux que Bastien Bouillon pour incarner Paul Marquet. Le jeune homme enchaîne les rôles, comme ça, l’air de rien, sans photo en première page, sans fracas, ni grande déclaration et pourtant il est l’un des grands acteurs de sa génération, tout en nuance, en finesse et en émotion. Son Paul Marquet, silencieux, taiseux, à fleur de peau, révèle finalement les autres à eux-mêmes, à leurs certitudes et leurs limites.

Un dézingage brillant des plates-formes et autres algorithmes

« À pied d’œuvre » est aussi un film social, politique. Il dépeint un univers du travail sous-jacent, que l’on refuse de voir, mais que l’on ne s’interdit pas d’utiliser parfois. Des travailleurs esclaves, à qui l’on distribue, pour quelques euros, des micro-tâches, que l’on note sévèrement, histoire de faire encore baisser les prix et qui sont au final exploités par des patrons déshumanisés. « À pied d’œuvre », un petit bijou d’émotion et de finesse, un film brillant, simple et grand, en salle dès le 4 février. À ne rater sous aucun prétexte…

À pied d’œuvre, un film de Valérie Donzelli, avec Bastien Bouillon, Valérie Donzelli, 1h35, France, 2025, en salles le 4 février 2026.

Visuel (c) Pitchipoi Productions / Diaphana