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Le réalisateur Arnaud Alain : « Le regard n’est pas seulement lié à des aspects visuels »

par Hannah Starman
24.02.2026

Nous avons rencontré Arnaud Alain, le réalisateur du film documentaire La face cachée de la terre, pour parler de ce premier film, présenté à la Berlinale dans la catégorie Panorama Dokumente le 17 février 2026. Arnaud Alain y accompagne le photographe Dimitri Jean dans les rues de Paris et de New York, alors que celui-ci perd progressivement la vue.

La Face cachée de la terre est votre premier film. Est-ce que vous étiez surpris d’être sélectionné pour la Berlinale ?

 

Évidemment, je pense qu’on l’est toujours un peu. Surtout pour un premier film. Je suis très content et c’est le premier festival auquel on a envoyé le film. Nous avons terminé la postproduction juste avant Noël, un mois avant la Berlinale. La réponse est arrivée le 2 janvier. C’était un très beau début d’année pour la productrice Mathilde Raczymow, pour moi et pour Dimitri Jean. Maintenant nous cherchons la distribution en France.

 

Comment s’est passée la première mondiale à Berlin ?

 

C’était génial ! Dimitri était présent, ainsi qu’une partie de l’équipe, dont la productrice, Léonie Pernet qui a fait la musique originale, et le sound designer Pierre Armand. Dimitri avait déjà vu le film en fin de montage, mais là il le voyait sur grand écran avec la musique terminée, mixée et étalonnée. Les retours ont été très positifs et les questions des spectateurs pertinentes. Beaucoup se sont dit très touchés. Une personne dans la salle qui avait une sœur qui perdait la vue a remercié Dimitri pour sa générosité. C’était un très beau moment.

 

Comment est né ce projet de film ?

 

C’est mon premier film comme réalisateur, je suis chef opérateur et cela fait 15 ans que je travaille pour d’autres personnes ; j’essaie de faire des images en traduisant le regard de quelqu’un. J’adore l’exercice. Quand j’ai rencontré Dimitri, par l’intermédiaire d’un ami, j’avais déjà l’envie d’explorer la question de la sensorialité, mais sans avoir une idée précise. Avec Dimitri, on s’est tout de suite retrouvés sur de nombreux sujets et puis, un jour il m’a dit qu’il faisait de la photo. Évidemment, ça m’a donné envie de les voir. Il m’a montré ses photos et j’ai commencé à le filmer spontanément, de temps en temps. Lui faisait des photos et moi, je filmais. Il y avait une sorte de dialogue qui s’instaurait comme ça. Nous avons commencé en 2021 et nous avons fini de filmer en avril dernier. L’idée était de réaliser un film dans lequel on se rencontre. Dimitri fait des photos que je trouve sublimes et j’ai trouvé intéressant de m’interroger sur la manière qu’il a de le faire et aussi de remettre en question ma propre pratique. Le regard n’est pas seulement visuel. Quand Dimitri prend des photos, le son a une grande importance, il écoute et c’est ça qui lui permet de déclencher et de créer des images

 

Quelle était son implication dans la façon de raconter le film ?

 

J’ai beaucoup écrit pour préparer le film, à la fois des séquences que j’avais imaginées et des idées de mise en scène. Au début, j’ai filmé ma découverte de ses photos, et des séquences dans la rue. On aimait beaucoup tous les deux déambuler, lui avec son appareil et moi avec ma caméra. On l’a fait à Paris, et ensuite à New York. Il y est parti pendant deux mois pour faire un reportage sur Black Lives Matter. Je suis allé le retrouver pendant 15 jours. Tout au long du film, nous avons beaucoup discuté de ce qu’on allait faire ensemble dans le film, et dans le montage c’est présent. Dans cet échange, alors que je lui propose un tournage, il me formule la difficulté que cela constitue pour lui de se déplacer dans une foule. À ce moment-là, il s’adresse autant à moi qu’aux spectateurs, pour nous questionner sur le manque de place que la société donne aux personnes malvoyantes et aveugles. Il était indispensable d’inclure cette séquence.

 

Vous filmez Dimitri créer ses images et il vous dit : « En fait, tu filmes ma dépression ». Y avait-il un décalage dans vos objectifs pour le film ?

 

Pour moi, lorsque Dimitri me dit ça dans le film, c’est plutôt une manière de me rappeler la difficulté que cela représente pour lui. La photographie est quelque chose de très important, et le fait de perdre la vue rend les choses plus difficiles. À un moment, il me dit : « En fait, tu as l’impression de filmer mon parcours de création d’images, mais en fait, c’est la dépression que tu filmes. » Lorsque nous avons travaillé avec la monteuse Alix Tulipe, il était important pour nous de trouver un équilibre entre des séquences où l’on voit Dimitri faire des photos et également de ne pas faire abstraction des difficultés.

 

Le son est une composante essentielle de la « vue » de Dimitri. Comment avez-vous conçu la bande son ?

 

La place du son est quelque chose de très important dans le film. C’est ce qui permet à Dimitri de déclencher et de se repérer, et ce qui construit l’environnement de beaucoup de séquences que l’on partage. Dans le film, il s’agissait de mettre en avant le regard comme quelque chose de plus large que le visuel. J’ai travaillé avec une ingénieure du son qui s’appelle Christine Dancausse et avec un sound designer qui s’appelle Pierre Armand, qui travaille à Marseille à Lemon Studio. Nous avons passé beaucoup de temps à imaginer comment la bande sonore du film pourrait emmener le spectateur dans une certaine perception et dans certains espaces imaginaires. Il ne s’agit jamais de se mettre à la place de quelqu’un qui verrait peu ou pas, mais plutôt de réfléchir à notre environnement sonore. Nous avons aussi travaillé dans ce sens avec Léonie Pernet qui a composé la musique.

 

Diriez-vous que la production de ce film vous a transformé ?

 

Bien sûr ! C’est une grande implication car nous avons tourné pendant quatre ans. L’expérience a transformé aussi ma manière de regarder. Je pense que Dimitri m’a emmené vers un questionnement chez moi. Dimitri entend d’abord ce qu’il va prendre en photo et il redécouvre ensuite l’image sur son ordinateur. Il y a vraiment quelque chose de l’ordre du développement, c’est ce qui m’a donné envie de filmer certaines séquences en 16 mm et super 8. Ce sont des images plus personnelles qui, dans le film, viennent dialoguer avec les photos de Dimitri. Pour moi le film est une rencontre entre nos deux sensibilités, et une réflexion sur le regard.

Visuel : © Outplay Films