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« Quand le diable me regarde dans les yeux », ou quand Thomas Lebrun met en lumière les mythiques carnavals antillais

par La redaction
18.02.2026

Au Théâtre national de la Danse, sous couvert des défilés annuels antillais et de leurs personnages folkloriques, des artistes ultramarins nous content leur histoire et leur culture. Trois artistes, trois portraits, trois personnages, une histoire commune… Le directeur du Centre Chorégraphique National de Tours a essayé de relever le défi de mettre en corps l’Histoire coloniale et cela à l’aide des mots poétiques et engagés d’Emmelyne Octavie. Se mêlent alors la fête, les rythmes enjoués, avec d’anciennes douleurs, qui passent par les visages mais également par l’endurance, les longueurs musicales et les corps qui s’épuisent. 

Par Auryanne SIRET

Au Théâtre national de la Danse, sous couvert des défilés annuels antillais et de leurs personnages folkloriques, des artistes ultramarins nous content leur histoire et leur culture. Trois artistes, trois portraits, trois personnages, une histoire commune… Le directeur du Centre Chorégraphique National de Tours a essayé de relever le défi de mettre en corps l’Histoire coloniale et cela à l’aide des mots poétiques et engagés d’Emmelyne Octavie. Se mêlent alors la fête, les rythmes enjoués, avec d’anciennes douleurs, qui passent par les visages mais également par l’endurance, les longueurs musicales et les corps qui s’épuisent. 

 

Prenant vie sous le masque et le costume du Touloulou, Gladys Demba engage le spectacle par une danse lascive avec les deux autres interprètes. La scène de bal, succincte, ne fait qu’introduire en réalité, la danseuse guyanaise, qui mettra notamment au cœur de son solo cette discussion entre le déshabillage, la mise à nu et le masquage fréquent dans les traditions ultramarines. Les danses traditionnelles, caractérisées par ces quadrilles ultra précis avec des chemins tracés que les spectateurs ne peuvent rater, les tours et détours frénétiques engageant les hanches, accentués par la longue jupe blanche. Résonnaient par-delà ce portrait montant en puissance, la musique et la voix de l’autrice : 

 

« Même mes larmes me font pleurer ».

 

Cela donne le ton, et fera ressortir un « en commun » global lors du spectacle. Il est notamment question de la gestualité et de la corporéité des danseurs présents, surplombés continuellement par une narratrice racontant l’histoire et les problèmes postcoloniaux qui touchent les actuelles populations insulaires, tels que les problèmes d’accessibilité à l’eau. Dès lors, il n’est pas question de seulement conter l’histoire, mais également d’en être un acteur actif. 

« Ce que l’histoire a fait de nous, ce que nous faisons de l’histoire… ».

 

L’« intime » m’apparaît cependant au moment où le diable décide de me regarder dans les yeux. Sous le masque du diable rouge, personnage également célèbre des festivités, Hugues Miredin se transforme, ou plutôt se dévoile au fil de son solo, et nous apparaît si clairement, qu’il nous éblouit. On célèbre alors ici « l’humain » avant tout. 

 

Ce sont alors les yeux pleins de larmes d’allégresse pour ce second personnage qu’on accueille « Fwèt », interprété par Mickaël Top. Celui-ci ferme étonnamment le bal alors qu’habituellement les « Pétèd-fwèt » apparaissent en avant comme les maîtres de cérémonies des carnavals guadeloupéen. Un corps en mi-ton, à la fois survolté et épuisé, c’est sans surprise que celui-ci finit par s’éteindre sous le bruit des fouets, anciens sévices esclavagistes. 

 

« Une histoire de racines, de territoires, de traditions, de couleurs, de chemins communs ou personnels ».

Visuel : © Frédéric Iovino