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« C’est tout l’Histoire qui reparaît dans un tableau qui revient ! » : retour sur la restitution de l’Homme Assis de Modigliani

par Marilou Cognée
10.04.2026

Après un combat judiciaire de plus de 17 ans, L’Homme assis (appuyé sur une canne), tableau peint par l’artiste italien Amedeo Modigliani en 1918 va enfin être rendu à la famille d’Oscar Stettiner, galeriste juif de Paris spolié par les allemands sous l’Occupation.

La Cour Suprême de l’Etat de New York a annoncé le vendredi 3 avril sa décision de rendre l’œuvre du peintre Modigliani à la famille à laquelle elle appartenait avant la guerre. Pendant La Collobaration, la galerie parisienne détenue par Oscar Stettiner fut saisie par les nazis pour être vendue aux enchères en 1944. L’œuvre est alors achetée par un néerlandais, qui la dissimule lorsque les autorités françaises reconnaissent en 1946 le caractère illégitime de la vente et ordonnent la restitution. Oscar Stettiner meurt sans avoir retrouvé son tableau, et il faut attendre 1996 pour qu’on retrouve sa trace sur le marché de l’art. C’est le collectionneur et milliardaire libanais David Nahmad qui est actuellement en possession du tableau.

Après la décision rendue vendredi dernier, David Nahmad possède désormais un délai de trente jours pour restituer l’œuvre à Philippe Maestracci, le petit-fils d’Oscar Stettiner. Le combat pour la restitution du tableau a été mené grâce à aux démarches de la Mondex Corporation, entreprise fondée en 1993 et engagée dans la restitution d’œuvres spoliées sous la Seconde Guerre Mondiale, et par l’avocat Phillip Landrigan.

 

L’Homme assis (appuyé sur une canne) – Amedeo Modigliani, 1918

 

« Les objets ouvrent des portes mémorielles fermées depuis longtemps »

 

Gilberte Caron, présidente de l’association ROSES qui accompagne les familles dans leurs démarches de restitution d’œuvres spoliées, s’exprime sur cet événement. Son roman La Madeleine de Lionel retrace son récit personnel et sa lutte pour la restitution d’un tableau spolié au grand-père de son mari sous la Seconde Guerre Mondiale.

 

« Pour la famille, ça doit être quelque chose de très important », se réjouit-elle. « Le combat juridique s’éternise toujours, c’est un labyrinthe très usant. Le mien a duré 5 ans, et pour la famille Stettiner, c’est plus de 15 ans ! Quand on est engagé dans ce genre de démarche, la dimension symbolique va bien au-delà du simple fait de récupérer un tableau. Les familles qui arrivent au bout, c’est vraiment parce que quelque chose les retient, il n’est pas seulement question d’une simple restitution d’objet, mais bien de la récupération de la mémoire d’un.e ancêtre. Quelque soit la valeur d’un tableau, toutes les familles que j’ai rencontrées racontent ça.»

 

« J’ai eu envie de créer une association sur les thèmes de la restitution, et sur ce que ça ouvre sur la mémoire familiale.» poursuit-elle. « Les objets ouvrent des portes mémorielles fermées depuis longtemps. Le combat pour les retrouver oblige les familles à se poser des questions, à découvrir des choses auxquelles elles n’avaient jamais pensé… C’est tout un parcours très profond et très intime qui se cache derrière ce parcours juridique.

 

Puis d’ajouter : « En m’intéressant à ce thème, j’ai découvert toute l’ampleur de l’organisation et du contrôle des nazis sur les œuvres artistiques, pour trier, récupérer, garder, vendre ou brûler les œuvres jugées «dégénérées». Ce contrôle révèle bien cette volonté d’effacement de toute une culture des juifs européens avec tous ces objets du quotidien pillés ou détruits. Derrière une spoliation, il y a tout un silence qui est contenu. C’est toute l’Histoire qui reparaît dans un tableau qui revient ! »

Visuel principal © L’Homme assis (appuyé sur une canne) – Amedeo Modigliani, 1918