Trente ans après les derniers travaux de restauration sous le pontificat de Jean-Paul II, le Jugement Dernier de Michel-Ange est en chantier pour trois mois, et devrait nous revenir plus éclatant que jamais.
Peinte entre 1539 et 1541 par Michel-Ange, cette œuvre de 180 mètres carrés est sans nul doute la fresque la plus célèbre au monde. Pas moins de 391 figures musculeuses se contorsionnent sur un fond bleu lapis lazuli, et tandis qu’un christ en gloire accueille les élus au paradis, les damnés chutent dans les flammes de l’enfer, condamnés au supplice éternel. Issu de l’Apocalypse selon St Jean, le Jugement Dernier clôt la Bible, et livre le récit de la fin des temps, à l’heure où le Christ revient dans la gloire pour ressusciter les morts. Chef d’œuvre du maniérisme, la fresque en offre le spectacle écrasant depuis presque 500 ans.

La chapelle Sixtine reçoit 5 à 6 millions de visiteurs par an. Afin de conserver l’éclat de ses couleurs, le Jugement Dernier fait l’objet d’un nettoyage annuel. Mais ce n’est que quelques jours après sa prise de fonction en août 2025 que Paolo Violini, responsable de l’atelier de restauration des peintures et des boiseries des musées du Vatican, annonce que la fresque fera l’objet d’une campagne de restauration de plus grande ampleur, trois mois durant à compter de janvier 2026. L’objectif : «retirer un voile blanchâtre généralisé». Les échafaudages ont été installés ce lundi 01 février.
Les derniers travaux de restauration ont été menés sous le pontificat de Jean Paul II, entre 1979 et 1999, travaux auxquels Paolo Violini a déjà participé. L’intervention sera cette fois-ci plus légère et s’inscrit dans un programme de restauration généralisé des musées du Vatican : les chambres de Raphaël viennent d’être dégagées, après 10 années de travaux, et la Loggia sera en chantier pendant les cinq prochaines années.
Une fresque est une peinture murale réalisée sur un enduit frais, a fresco : la réaction chimique qui résulte du procédé, la calcification des pigments, en fait une œuvre extrêmement durable. En dépit d’une technicité exceptionnelle, les couleurs, victimes du tourisme de masse, ternissent, car l’humidité et le dioxyde de carbone produits par la respiration des visiteurs sont redoutables pour ces pigments naturels. Un voile blanc s’étend progressivement sur l’oeuvre, remarque Paolo Violini, atténue les contrastes de clair obscur et uniformise les couleurs originales.
De plus, les variations de températures et d’humidité engendrées par le réchauffement climatique, sont particulièrement néfastes à l’œuvre. Dans l’optique de rendre à la fresque son intensité chromatique originelle, des échafaudages ont été installés sur l’ensemble du mur Ouest, pour permettre à une dizaine d’artisans de travailler à la restauration de la fresque. Le chantier reste ouvert au public.
«Plus qu’ailleurs, une attention particulière est accordée à la valeur immatérielle de l’œuvre d’art»
Non contents d’assurer la bonne conservation des œuvres, les musées du Vatican veillent également à ce que la valeur spirituelle et religieuse des œuvres ne soient pas spoliées au profit du tourisme de masse. Les travaux devraient être achevés à temps pour la semaine sainte.
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