Présenté en Séance de Minuit lors de l’édition 2024 du Festival de Cannes, The Surfer, quatrième long métrage de Lorcan Finnegan, débarque sur Paramount+.
Après sa fable horrifique captivante Vivarium (2019) et son thriller psychologique moins réussi The Nocebo Effect (2022), Lorcan Finnegan est de retour avec le troublant The Surfer, disponible sur Paramount+ à défaut d’une sortie en salles dans l’Hexagone. Le film s’ouvre sur un plan large qui fleure bon les vacances, la wax et le sable chaud. Une mer turquoise, des surfeurs en pleine session de glisse, une typographie jaune orangé vintage et une musique aux sonorités nostalgiques et bucoliques, The Surfer prend rapidement les allures d’un pur film de surf, et l’on s’attend à voir apparaître Nicolas Cage d’un moment à l’autre en combi’ néoprène, planche sous le bras. Spoiler Alert, il faudra repasser pour voir le comédien dompter des vagues.
Récit étouffant sous un soleil de plomb, The Surfer nous conte en réalité les tribulations d’un homme (Nicolas Cage) qui revient sur l’idyllique plage de son enfance pour faire du surf avec son fils (Finn Little). Leur escapade tourne au cauchemar lorsqu’un gang de surfeurs locaux interdit l’accès à l’océan au duo. Humilié et menacé, le père de famille va alors se battre pour reconquérir son territoire et l’estime de son rejeton. Sur cette plage faussement paradisiaque débute alors une lutte acharnée qui le mènera au cœur de la folie. Nouvelle variation d’une spirale infernale entre réalité et loufoquerie en contrée australienne, The Surfer se révèle être un huis clos à ciel ouvert – une plage et son parking attenant – sous haute tension boosté par une nouvelle performance ultra investie de Nic’ « Fucking » Cage.
Inspiré par l’histoire des Lunada Bay Boys, The Surfer rappelle par ailleurs Le Plongeon (1968) de Frank Perry, basé sur la nouvelle The Swimmer de John Cheever. Un drame psychologique étonnant avec lequel le dernier-né de Finnegan partage ce fil narratif de la chute d’un homme à l’identité floue sur un laps de temps court, mais aussi un attrait certain pour les zooms très lents sur le visage de son héros. La colorimétrie de The Surfer, chaude et saturée, fait également écho au film de Perry et aux péripéties de piscine en piscine du personnage joué par Burt Lancaster. Et si Le Plongeon critique la vanité du rêve américain, Lorcan Finnegan utilise pour sa part l’humour noir pour tacler la masculinité toxique, la culture incel et le matérialisme, tout en explorant les thématiques de l’appartenance, l’identité et la renaissance.
Dépossédé successivement de sa planche, sa voiture, son téléphone, sa montre puis son alliance, le protagoniste campé par Nicolas Cage, qui s’apparente à un businessman en début de film, se décompose rapidement sous nos yeux et se mue en une figure ouvertement moquée par les humains et bestiaux du coin. Tandis que son héros se retrouve dans une boucle impitoyable qui n’est pas sans rappeler celle de Vivarium, le réalisateur irlandais parvient à déjouer nos attentes dans un final aussi explosif qu’inattendu. Et si Cage porte avec brio l’ensemble du film, The Surfer vaut également le détour pour la prestation du regretté Julian McMahon en leader flippant dudit gang des surfeurs.
The Surfer de Lorcan Finnegan. Avec Nicolas Cage, Julian McMahon, Nicholas Cassim… Australie, Irlande. 01h43. Disponible le 1er Septembre 2025 sur Paramount+.
Visuel : © 2024 The Surfer Productions PTY LTD and Lovely Productions Limited