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Saison 2026/2027 à l’Opéra de Paris : le calme du répertoire avant la tempête des rénovations

par Maria Sidelnikova
02.04.2026

Dans le vaste foyer panoramique de l’Opéra Bastille, la saison 2026/27 de l’Opéra de Paris a été dévoilée à la presse par son directeur général, Alexander Neef, et le directeur de la danse, José Martinez. Bien que la saison théâtrale soit plus courte qu’une année civile, elle presque autant de jours d’activité : le rideau se lèvera 359 fois pour proposer 32 productions — 19 opéras et 12 programmes de ballet — sur les deux scènes de l’Opéra de Paris. Il s’agira de la dernière saison à plein régime : à partir de l’été 2027 et, selon les estimations actuelles, jusqu’en 2032, les deux scènes feront successivement l’objet d’importants travaux de rénovation — le Palais Garnier fermera en premier, suivi de l’Opéra Bastille.

Opéra en mouvement : anniversaires, créations et grandes retrouvailles

Un des moments forts de la saison sera l’achèvement du cycle wagnérien Le Ring, célébrant les 150 ans de sa création à Bayreuth. Du 8 au 18 octobre, l’Opéra Bastille accueillera Le Crépuscule des dieux sous la direction de Pablo Heras-Casado, avec Tamara Wilson (Brünnhilde), Andreas Schager (Siegfried), Mika Kares (Hagen), Evmor Mod Jubo (Waltraute) et Brian Mulligan (Alberich). Lancée à l’hiver 2025 dans la mise en scène de Calixto Bieito, la tétralogie sera par la suite présentée pour la première fois en intégralité à Paris (6–13 et 15–22 novembre). Selon Alexander Neef, 60 % des billets ont déjà été vendus, dont 40 % pour un public international. Affronter Wagner d’un seul coup est une tâche comparable à lire Guerre et Paix d’un trait. Mais une fois vécue, cette expérience reste gravée à jamais
La saison comptera sept créations lyriques. Elle débutera par un hommage à Josephine Baker (1906-1975), figure emblématique des Années folles et résistante pendant la Seconde Guerre mondiale. Le metteur en scène américain Peter Sellars et le compositeur Tyshawn Sorey signent la création mondiale Black Pearl : Méditations pour Josephine, avec Julia Bullock dans le rôle-titre (Palais Garnier, 9–19 septembre).

Mozart occupera également une place particulière pour le 270ᵉ anniversaire de sa naissance. Don Giovanni marquera les débuts à l’Opéra de Louise Probst, fondatrice du théâtre new-yorkais Heartbeat, offrant « un regard féminin, débarrassé des clichés » (Opéra Bastille, 28 janvier – 26 février et 20 mai – 24 juin).
Le metteur en scène français Vajdi Mouawad proposera une lecture de Idoménée, où les catastrophes écologiques et humanitaires actuelles se reflètent dans la mythologie grecque antique. Allan Clayton, Léa Desandre, Johann Vallrot et Elsa Dreisig incarneront ses « dieux », sous la direction musicale d’Antonello Manacorda.

Le compositeur catalan Héctor Parra lance sa création l’opéra «Le Miroir de nos peines», adapté du roman éponyme de Pierre Lemaitre. L’action se déroule à Paris en 1940, au cœur de la « drôle de guerre ». Le destin de la jeune Louise mêle le chaos général de l’époque à l’histoire personnelle de sa mère. « Ce sera un opéra accessible, car il exprime des émotions compréhensibles par tous – amour, haine, peur – à travers une musique très lyrique et exploratoire, qui devient le miroir de nous-mêmes », promet le compositeur. La mise en scène est confiée à la Française Mariam Clément, tandis que la direction musicale sera assurée par Ingo Metzmacher (du 24 avril au 11 mai 2027).

Après plusieurs années d’absence, « Werther » de Jules Massenet fera son retour sur la scène de l’Opéra Bastille dans une nouvelle production de Robert Carsen. À la baguette, Nathalie Stutzmann fera ses débuts à l’Opéra. Dans le rôle de Werther – Benjamin Bernheim et Michael Spyres ; Charlotte – Aïgul Akhmetshina.

Parmi les événements marquants de la saison 26/27, on relève également le metteur en scène polonais Krzysztof Warlikowski. « Hamlet » d’Ambroise Thomas, qu’il a mis en scène « comme une chronique familiale avec des projections sur l’Europe de l’Est » à notre époque sombre, s’annonce d’autant plus pertinent. Le rôle de Hamlet sera interprété cette fois par le ténor John Osborne, Clémentine Margen incarnera Gertrude, et Adela Zaharia fera ses débuts dans le rôle d’Ophélie. La direction musicale sera assurée par le maestro Michael Schønwandt (18 septembre – 9 octobre).

« Lady Macbeth de Mzensk », dans une lecture radicale de Krzysztof Warlikowski, a été un véritable triomphe de la saison lyrique 2019 : passions, crimes, sang et une galerie de personnages ignobles, de l’informateur au prêtre, révélant une autre facette de la fameuse âme russe, peut-être plus actuelle que celle des ours kitsch d’Onéguine mis en scène par Ralph Fiennes cette saison.
À la baguette, on retrouve une fois de plus Ingo Metzmacher. La distribution a reçu tous les éloges : Aušrinė Stundytė, Dmitri Oulianov, Pavel Černoch et Viktoria Karkacheva

Ballet : Garnier à l’honneur avant la rénovation

Même si les travaux ne débuteront que l’an prochain, leur perspective influence déjà la politique artistique de l’Opéra. La direction mise sur le Palais Garnier, scène historique du ballet, pour en exploiter pleinement le potentiel. Sur 12 créations et entrées au répertoire, 11 auront lieu à Garnier. Du côté du répertoire actuel, 6 des 9 spectacles seront également programmés sur cette scène. Cette concentration explique l’absence quasi totale des grands classiques du XIXᵉ siècle : du patrimoine de Rudolf Noureev, seule Raymonda figure à l’affiche cette saison. Les autres ballets emblématiques, destinés à la scène de Bastille, semblent avoir été délibérément conservés pour les saisons à venir.

Pour le directeur de la danse, José Martínez, il s’agit de sa deuxième saison entièrement élaborée par ses soins, et il poursuit le cap annoncé : trouver un équilibre entre classiques et créations contemporaines, entre chorégraphes reconnus et nouveaux talents — et, il faut le souligner, certains noms bien connus, mais bien oubliés à l’Opéra. Les créations contemporaines sur pointes, promises lors de sa prise de fonction, commencent également à se faire une place dans la programmation.
La saison 26/27 comptera quatre créations mondiales. La première sera l’œuvre du chorégraphe brésilien Julian Nunes. Formé au classique dans son pays natal, il poursuit ensuite ses études à Mayence. Il danse dans plusieurs compagnies allemandes avant d’intégrer le Royal Ballet de Flandre, dirigé par Sidi Larbi Cherkaoui, où il parcourt le meilleur du répertoire contemporain — de Van Manen à Forsythe et Naharin. En 2017, il débute dans la création chorégraphique. Rapidement repéré, il collabore avec le NDT2, le Mariinsky, crée pour Marie-Agnès Gillot à Paris et pour Svetlana Lounkina et Evan McKie au National Ballet du Canada.

José Martínez lui confie désormais les Étoiles les plus expérimentées et les plus médiatiques de la troupe, amis de longue date et anciens rivaux de l’école de danse — Hugo Marchand et Germain Louvet. Ce duo, sur la musique de Samuel Barber (1910-1981), Rings of Saturn, ne sera accessible qu’à un cercle restreint de spectateurs : il sera présenté lors du gala du 10 octobre.

Lors de la soirée Paysages intérieurs, Julian Nunes sera remplacé par William Forsythe. La nouvelle version 2024 de Rearray constituera une excellente opportunité pour la nouvelle génération de se mettre en lumière. On retrouve également Vers un pays sage (1995), œuvre emblématique de Jean-Christophe Maillot dédiée à son père. Le directeur des ballets de Monte-Carlo, qui travaille rarement en dehors de sa compagnie, fera enfin ses débuts à l’Opéra de Paris. Le chemin a été long : déjà sollicité par Noureev, il n’a été convaincu de venir que par José Martínez.

Pour clore Paysages intérieurs, un autre début très attendu à Paris : Azur Barton — ancienne danseuse du Ballet du Canada et aujourd’hui l’une des chorégraphes les plus en vue, appréciée de nombreux artistes, dont Mikhail Baryshnikov. Son ballet Busk (2009) est une œuvre expressive en noir et blanc, mêlant pantomime et vocabulaire classique, sur des chants tziganes et choraux.
Lucinda Childs, 85 ans, figure emblématique du post-modernisme américain, fait son grand retour à l’Opéra après 42 ans d’absence pour présenter un nouveau ballet sur une musique de Max Richter, en collaboration avec le vidéaste français Étienne Guiol. La pièce explorera la coexistence du corps vivant et du numérique sur une même scène, reprenant un principe déjà présent dans Dance, un manifeste chorégraphique du XXᵉ siècle créé en 1979 à quatre mains avec Sol LeWitt et Philip Glass, où Childs jouait sur deux niveaux — corps et espace visuel. Espérons que ce nouveau ballet laissera, lui aussi, une empreinte sur notre siècle.

Le programme Pulsations mêle rythme du temps, battement du cœur et musique, et comprend également des pièces emblématiques de l’histoire de la danse : le solo Lamentation de Martha Graham ainsi que Schmetterling (2010), de Sol León et Paul Lightfoot créé pour célébrer l’anniversaire du NDT et marquer la fin du contrat de la direction artistique de Lightfoot aux Pays-Bas.

À l’Opéra Bastille, un triptyque chorégraphique sera présenté en parallèle (pour la première fois depuis de nombreuses années, aucun grand ballet classique n’est prévu au programme de ce décembre festif). Rituels réunira Suite en blanc de Serge Lifar, Boléro X du chorégraphe israélien Shahar Binyamini, et Le Sacre du printemps de Pina Bausch, présenté pour la première fois sur la scène de Bastille. Son fils et héritier, Salomon, a approuvé le « déménagement » de ce chef-d’œuvre.

Dès sa prise de fonction, José Martínez s’est engagé à enrichir le répertoire de l’Opéra avec des ballets classiques contemporains — narratifs, sur pointes et à grand effectif. La nouvelle création de Kathy Marston, chorégraphe britannique et directrice du Ballet de Zurich, illustre parfaitement cette ambition. Narratrice expérimentée du langage chorégraphique contemporain, Marston a imaginé, pour le Royal Opera House de Londres, un ballet autour de la violoncelliste Jacqueline du Pré, et pour Zurich, un hommage à la pianiste Clara Schumann. Pour Paris, elle a choisi de mettre en lumière George Sand, explorant avec finesse ses relations avec Chopin, avec sa mère et avec son œuvre – un portrait intime à découvrir du 12 février au 8 mars 2027.
Et pour clore la saison, la création la plus intrigante nous vient de Johan Inger, chorégraphe suédois qui, à l’instar de son aîné Mats Ek, s’attaque à la relecture d’un chef-d’œuvre romantique sous un angle contemporain. Sa version de Giselle, sur la partition originale du compositeur français Grégoire Etzel, connu pour ses musiques de cinéma, sera présentée du 25 juin au 14 juillet

Parmi les œuvres de répertoire qui n’avaient pas été remontées depuis un moment figurent Joyaux de George Balanchine (6 avril – 18 mai) et Les Enfants du paradis de José Martínez (9 – 27 mars). Installé dans ses fonctions de directeur de la danse et après avoir consolidé le travail de la compagnie, il peut enfin renouer avec sa passion pour la chorégraphie.
Une autre passion et initiative de José Martínez est le Junior Ballet et sa première promotion. Leurs représentations auront également lieu au Palais Garnier. Après deux années de formation et des tournées intenses, les jeunes danseurs passeront des auditions pour intégrer la compagnie principale. Les places sont rares et précieuses. Mais l’une d’elles restera hors de portée : le 15 octobre, dans l’Histoire de Manon, le public dira un dernier adieu à Dorothée Gilbert, Étoile dont la carrière exemplaire continuera d’inspirer longtemps les générations futures.

Visuel : Hamlet d’Ambroise Thomas, saison 22/23 ©Bend Uhlig