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« Plus Fortes Ensemble » : Jessie Varin, Mélodie Molinaro et Soizic Floch, le festival pour agir après MeToo

par Melodie Braka
03.03.2026
Jessie Varin, Mélodie Molinaro et Soizic Floch (1)

Fondé dans le sillage du mouvement MeToo, le festival « Plus Fortes Ensemble » s’impose comme un espace rare de réflexion, de formation et de création dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le spectacle vivant. À l’origine de cette initiative, trois professionnelles engagées : Mélodie Molinaro, Jessie Varin et Soizic Floch. Entre outils concrets, tables rondes et propositions artistiques, elles défendent une conviction commune : la transformation passe par le collectif.

Pouvez-vous vous présenter et raconter votre parcours ?

Mélodie Molinaro
Je suis comédienne, autrice et metteuse en scène, et j’ai fondé l’association « Derrière le rideau » en 2021, une association qui lutte contre les violences et harcèlements sexistes et sexuels dans le spectacle vivant et l’audiovisuel. À l’origine, c’était un podcast, un espace pour informer sur des violences que l’on a appris à banaliser dans ce métier. Puis cela s’est développé avec des groupes de parole, une permanence juridique, des supports d’information et des ateliers de sensibilisation dans les écoles de spectacle.

Aujourd’hui, tout ce que je fais avec « Derrière le rideau » est bénévole. Je n’ai pas pour le moment de soutien des institutions publiques. Mais ça va venir, j’espère. Je me concentre de plus en plus sur la prévention et la sensibilisation, notamment en développant des outils très concrets : des badges, des chartes, des clauses contractuelles et un violentomètre adapté au spectacle vivant, pour permettre aux artistes et aux équipes d’identifier les situations et d’agir.

Jessie Varin
Je suis directrice artistique et cofondatrice de « La Nouvelle Seine », un lieu que j’ai créé il y a douze ans. Je m’occupe de toute la direction artistique et de la programmation. Ce qui m’anime profondément, c’est l’accompagnement des artistes, notamment lorsqu’ils présentent leur premier spectacle. Monter seul sur scène est un exercice d’une grande vulnérabilité. À « La Nouvelle Seine », nous essayons de créer un espace où les artistes peuvent expérimenter, rencontrer des collaborateur·rices, et faire grandir leur travail.

Quand j’ai créé ce lieu, je pensais qu’un mentor allait m’ouvrir les portes du métier. Je l’imaginais comme un homme blanc de plus de soixante ans, avec une forme de sagesse. Évidemment, personne n’est venu. (elle rit) Aujourd’hui, nous sommes deux femmes à diriger ce lieu, et nous avons construit nos propres réseaux de soutien.

Soizic Floch
Je suis experte en communication dans le milieu culturel, et cela fait dix ans que je travaille dans le spectacle vivant. Très vite, je me suis occupée de spectacles profondément engagés, notamment autour des violences sexuelles et de l’inceste, comme « Les Chatouilles » ou « La danse de la colère » d’Andréa Bescond. En travaillant sur ces projets, j’ai vraiment pris la mesure du pouvoir de transformation de l’art et des spectacles.

J’ai rejoint Jessie à « La Nouvelle Seine » parce que je savais que la programmation était profondément engagée et alignée avec mes valeurs. Nous avons coécrit la charte ensemble, puis développé le festival. Aujourd’hui, je travaille sur la communication, la mise en place et la programmation aux côtés de Jessie et Mélodie.

Jessie Varin, Mélodie Molinaro et Soizic Floch

Comment vous êtes-vous rencontrées et réunies autour de ce projet ?

Jessie Varin
Soizic et moi avons été mises en relation par une collaboratrice commune qui nous a dit que nous devrions travailler ensemble. Nous nous sommes rencontrées à la sortie d’un théâtre, un terrain qui est notre quotidien. Elle a rejoint « La Nouvelle Seine » il y a trois ans.

Et puis Mélo, moi je t’ai découverte à travers « Les Coquettes ». Je suis venue te voir sur scène, et ensuite j’ai découvert ton engagement. La réunification de nous trois s’est faite autour de la charte des comedy clubs. Nous voulions fédérer le milieu autour de nouvelles pratiques, et Mélo portait déjà une expertise essentielle. On lui a demandé si elle voulait nous accompagner, et tout s’est construit à partir de là.

Mélodie Molinaro
Oui, c’est vraiment la charte qui nous a réunies. Il y avait ce constat après MeToo : la libération de la parole existait, mais comment agir concrètement ? Quels outils proposer ? Comment interroger notre responsabilité individuelle et collective ?

Nous avons voulu créer un espace de réflexion, dire aux gens : nous réfléchissons, mais venez réfléchir avec nous. Nous n’avons pas la vérité, nous avons nos expériences, et l’envie de construire quelque chose de concret ensemble.

Soizic Floch
Je me souviens très bien de notre première réunion. Nous sommes arrivées avec nos idées, nos visions, et en une journée, la programmation était quasiment construite. Cela a confirmé notre complémentarité et notre capacité à créer ensemble.

 

Quel rôle ont joué les institutions publiques et le CNM dans la naissance du festival ?

Jessie Varin
La vraie genèse du festival passe aussi par des partenaires publics. Lorsque nous avons créé la charte, je cherchais du soutien pour la diffuser. Le CNM, le Centre national de la musique, qui dépend du ministère de la Culture, m’a accompagnée dans cette réflexion.

Une personne ressource m’a dit : je ne vois pas comment t’aider sur la charte directement, mais peut-être sur une autre forme. Elle m’a demandé quel était mon domaine d’expertise. Je lui ai répondu : organiser des événements. Et là, tout s’est ouvert.

Nous avions un lieu, « La Nouvelle Seine », ce bateau qui permet de réunir les gens. Nous avons compris que nous pouvions élargir la réflexion, créer un événement, et chercher des aides financières pour le rendre possible.

C’était aussi une manière de s’inscrire dans des programmes qui soutiennent des projets liés à l’égalité et à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Sans ces soutiens, ce festival n’aurait pas pu exister.

 

Pourquoi avoir élargi le festival à tout le spectacle vivant ?

Mélodie Molinaro
Mon travail avec « Derrière le rideau » concernait déjà le théâtre, la comédie musicale et l’audiovisuel. Et très vite, nous avons constaté que les violences, les schémas d’abus et les problématiques sont les mêmes partout. Que vous soyez humoriste, costumière, metteuse en scène ou technicienne, les questions sont similaires : quel est votre cadre, votre pouvoir d’action, votre responsabilité ?

Soizic Floch
Il y a aussi des outils qui existent dans certains secteurs et pas dans d’autres. Par exemple, les coordinateur·rices d’intimité sont beaucoup plus présent·es dans l’audiovisuel, alors que dans le théâtre, cela reste encore très peu connu. Le festival permet justement d’amener ces sujets et de faire circuler ces pratiques.

Jessie Varin
Le mouvement MeToo a ouvert un champ de transformation immense, et il existe encore des pratiques d’un autre temps. Sensibiliser les artistes et les professionnel·les est essentiel. Nous espérons participer à cette transformation, avec douceur, mais avec détermination.

 

À qui s’adresse le festival ?

Soizic Floch
Si vous êtes victime, c’est un endroit où vous n’êtes plus seule. Vous pouvez rencontrer des expert·es qui répondent à vos questions, vous orientent, vous accompagnent.

Et si vous ne l’êtes pas, c’est aussi un endroit pour aider votre entourage. L’an dernier, on a eu des personnes en atelier à qui il n’était rien arrivé. Elles nous ont dit : une amie vit ça, je viens à cet atelier juridique parce que je ne sais pas quoi faire. Et pour nous, c’est très important. C’est aussi pour l’entourage.

Marlene Schaff © BENJAMIN DECOIN SIPA TF1

Pourquoi avoir choisi Marlène Schaff comme marraine ?

Mélodie Molinaro
Nous cherchions un visage populaire, dans le sens positif du terme, qui puisse mettre en lumière le festival et nos actions. Marlène Schaff s’est imposée comme une évidence de par son parcours d’artiste, de pédagogue et de professeure d’expression scénique à la « Star Academy ». Pour moi, elle a aussi été ma professeure, donc je connaissais bien l’humain derrière tout ça.

Elle a dit oui tout de suite. Et elle ne vient pas seulement personnifier le festival. Elle s’engage vraiment. Elle participe d’ailleurs à deux tables rondes : « Se former sans s’abîmer » le 7 mars et « Prise de parole et cyberharcèlement » le 8 mars, avec des conseils et du retour d’expérience. Elle partage son parcours, ses outils, son regard.

Et puis, il y a quelque chose de très important : parfois, avec la télé, on peut se dire que c’est un masque. Là, non. Elle est comme ça dans la vraie vie aussi. Ce n’est pas juste devant les caméras. Elle vient au festival sans savoir combien de personnes il y aura, et elle parle de ces sujets parce que c’est primordial pour elle.

Jessie Varin
Je l’ai accompagnée à ses débuts à « La Nouvelle Seine ». Elle avait un personnage, elle n’était pas remontée sur scène depuis très longtemps. On a fait une saison, et ça m’a fait découvrir Petra, son alter ego, dont elle parle beaucoup. Et aujourd’hui, je suis très contente pour elle de voir que ce spectacle a grandi et qu’il est à « L’Alhambra ». Les prémices ont été ici. C’est une grande fierté, et c’est exactement ce que j’aime le plus dans mon métier à « La Nouvelle Seine ». Quand Mélo a pensé à Marlène, notamment pour la transmission et la bienveillance, on a trouvé que c’était une évidence.

salle Nouvelle Seine (c) Delphine Royer

Jessie, quelle place occupe l’accompagnement des artistes dans votre démarche ?

Jessie Varin
Oui, j’ai l’impression que c’est presque constitutif du lieu. Quand un artiste se lance pour la première fois en solo sur scène, il est dans un endroit de grande vulnérabilité. À « La Nouvelle Seine », nous sommes souvent aux prémices de ces premières fois. Nous accompagnons les spectacles dans leur maturation, nous facilitons les rencontres avec des producteurs, des attaché·es de presse, des metteur·ses en scène. C’est un lieu indépendant, ce qui nous permet de laisser du temps aux spectacles pour se construire, sans exiger une rentabilité immédiate. C’est ce que j’aime le plus dans ce métier, accompagner les artistes dans la durée et voir leurs trajectoires se dessiner.

Soizic Floch
Cet accompagnement est essentiel. Quand on travaille avec des artistes, on les connaît vraiment. On devient un point d’appui, un repère. C’est aussi pour cela que j’ai voulu rejoindre Jessie. Je savais qu’à « La Nouvelle Seine », ce n’était pas juste une salle où l’on signe un contrat et où l’on repart, mais un lieu où les artistes sont accompagnés humainement.

 

Quels sont les temps forts de la programmation ?

Jessie Varin
Nous proposons une formation certifiante de sept heures sur la prévention des violences sexistes et sexuelles, spécialement adaptée aux réalités du stand up et des structures indépendantes. Elle permet aux professionnel·les d’acquérir des outils concrets et reconnus.

Le festival accueille également des spectacles engagés, comme le spectacle de Camille Giry « Ça va bien se passer » ou celui de Lisa Perrio dans « C’est compliqué, je t’expliquerai » ou encore Nicolas Benoit pour « Performance ».

Soizic Floch
Je coanime une rencontre consacrée au dépôt de plainte avec une avocate spécialisée. C’est un moment essentiel pour comprendre les démarches juridiques, poser des questions concrètes et savoir quoi faire.

Je propose aussi un atelier de sophrologie intitulé « Garder le cap », pour aider les victimes et les artistes à retrouver confiance et ressources après un traumatisme. L’an dernier, cet atelier s’est rempli très vite. Ce sont des outils très concrets, qui permettent de se reconnecter à ses forces.

 

Est-ce que vous pouvez m’en dire plus sur « Donne-moi ta force » ?

Jessie Varin
Oui, alors le festival se prolonge chaque soir avec des spectacles engagés, comme je vous ai expliqué. Et il y a surtout la création immersive « Donne-moi ta force », initiée par Mélodie (Molinaro). Le public assiste à une répétition de « Roméo et Juliette ». Il observe les interactions, la proximité, les rapports de pouvoir. C’est une manière artistique de faire ressentir ces situations.

Soizic Floch
On suit les comédien·nes du casting jusqu’à la première. Cela permet d’identifier des comportements banalisés et de comprendre qu’ils ne sont pas acceptables. Cela résonne profondément, autant pour les professionnel·les que pour le public.

 

Soizic, quelle place accordez-vous à la sororité dans ce milieu ?

Soizic Floch
Je ne pense pas avoir contacté Jessie parce que c’était une femme, mais j’accorde une grande place à la sororité et à l’écoute de l’autre. On parle beaucoup de sororité, mais dans les faits, ce n’est pas toujours évident. Quand une femme traverse une période difficile, qu’elle est fatiguée ou fragilisée, la vraie question est de savoir si l’on est capable de lui dire que c’est OK, que l’on va prendre le relais, que l’on va s’adapter.

Pour moi, la sororité, c’est ça. C’est être capable de travailler ensemble, de parler de nos vulnérabilités et de s’entraider réellement. Et c’est essentiel, surtout dans un festival comme celui-ci, que nous voulons inclusif et plus sûr pour les artistes et les professionnel·les.

 

Comment se sent-on après une semaine de festival ?

Jessie Varin
Monter un festival comme celui-ci est extrêmement difficile. Cela demande une énergie immense, en parallèle de nos métiers et de nos vies. Ce sont des sujets très intenses, très profonds. L’an dernier, nous nous sommes retrouvées en pleurs à la fin, tellement l’investissement émotionnel et humain est fort.

Soizic Floch
Mais la soirée de clôture est un moment très particulier. C’est là que l’on reçoit ce que l’on a donné. Des personnes viennent tous les jours, assistent aux ateliers, aux tables rondes, et reviennent pour nous dire merci. L’an dernier, je me souviens qu’Eva Rami est venue me voir pour me dire combien ce festival était important. C’est à ce moment-là que l’on réalise ce que cela a produit.

 

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?

Jessie Varin
L’an dernier, on s’est dit que ce serait peut-être bien que le festival n’ait pas besoin d’exister trop longtemps. Et puis on a plaisanté : quand on sera à la vingtième édition, ce sera mauvais signe. Elle rit.

 

Informations pratiques

Le festival « Plus Fortes Ensemble » se déroule du 7 au 15 mars 2026 à « La Nouvelle Seine », avec tables rondes, ateliers, spectacles et formation certifiante pour sensibiliser, former et rassembler les professionnel·les et le public autour de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Temps forts
7 mars : table ronde « Déposer plainte ? On en parle » et « Se former sans s’abîmer »
7 au 15 mars : représentation de « Donne-moi ta force »
8 mars : table ronde « Prise de parole et cyberharcèlement »
9 mars : formation certifiante dédiée aux professionnel·les du spectacle vivant
11 au 15 mars : ateliers juridiques, sophrologie, écriture et tables rondes thématiques

Lieu
« La Nouvelle Seine », Paris

Contact
festivalpfe@gmail.com

Instagram
@festival_plusfortesensemble

Crédits photos
Jessie Varin, Mélodie Molinaro et Soizic Floch ⒸAgathe Van Viet et Marlene Schaff ⒸBENJAMIN DECOIN / SIPA / TF1