Pour le 20ᵉ anniversaire du film Marie-Antoinette, portrait intime de la plus célèbre reine de France, Versailles nous invite à découvrir les coulisses de son tournage. Au Petit Trianon, derrière le château du Roi, cette exposition d’un nouveau genre offre un rendez-vous intime avec les vestiges d’un film qui a marqué son époque.
Les thèmes de la jeunesse, de la découverte de soi et de la « cage dorée » sont des sources d’inspiration fidèles à Sofia Coppola. Après Virgin Suicides, elle retrouve Kirsten Dunst pour incarner une nouvelle prisonnière : celle de Marie-Antoinette. L’idée du film germe lorsque Coppola découvre, en 2001, la biographie d’Antonia Fraser, Marie-Antoinette : The Journey. Séduite par le destin de cette adolescente de 14 ans, plongée dans un monde étranger et codifié, elle choisit de brosser un portrait plus intime et nuancé, loin de l’image de la reine « Madame Déficit » et de son cruel « Qu’ils mangent de la brioche ».
L’exposition retrace, comme tissé dans le décor, le processus créatif du film : des premiers moodboards à la lettre écrite par Coppola à Fraser, en passant par les reconstitutions de scènes. En collaboration avec les directeurs artistiques K.K. Barrett et Anne Seibel, ainsi qu’avec la costumière Milena Canonero, l’équipe du château de Versailles a exploré les archives cinématographiques. L’immersion est totale : comme une pièce dans la pièce, on se retrouve sur les lieux où des personnages fictifs, inspirés de la réalité, ont été tournés… sur les lieux mêmes de leur inspiration.
L’analyse du processus créatif et son souci de retranscrire l’exubérance de la cour résonne comme un écho contemporain très familier. Si l’histoire se déroule il y a 300 ans, force est de constater que certains codes sont redevenus à la mode : culte de la personnalité, mise en scène de soi en société, rigidité des codes de beauté, bienséances, mode déconnectée et dionysiaque des élites. La fraîcheur absolue de cette reine sulfureuse, intense et passionnée, resurgit avec la force d’un pressentiment de désastre.
On y retrouve aussi le désœuvrement, l’ennui, l’anéantissement de la modernité, une esthétique de tabloïd, et bien d’autres échos plus que familiers au 21e siècle.
Du 22 septembre 2026 au 24 janvier 2027, retrouvez Marie-Antoinette de Sofia Coppola au Petit Trianon. Une plongée pastel dans les coulisses d’un rêve de dauphine.
Visuel : © Sofia Coppola.