01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman    01.02.2026 : Le film « Mother’s baby » remporte le Grand Prix du Festival du film fantastique de Gérardmer    01.02.2026 : disparition de Marian Goodman
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28.01.2026 → 03.05.2026

Les européens de Cartier-Bresson, l’intime d’un continent

par Olympe Auney
03.02.2026

Pour célébrer la réédition du recueil de photographies Les Européens, la fondation Henri Cartier-Bresson expose une sélection de portraits des quatre coins de l’Europe immortalisés par le célèbre photographe français.

Un hymne à l’Europe d’après-guerre 

L-e-s-e-u-r-o-p-é-e-n-s . Le peintre à renommée mondiale Joan Miró trace ces lettres au pinceau, sur une gouache aux couleurs vives. D’hypnotisants cercles rouges, jaunes et noirs se superposent  sur un fond cyan, et pour parachever le tout, il appose en lettres volontairement irrégulières le nom de son ami photographe Henri Cartier-Bresson. La première de couverture est achevée. Publié en 1955 chez Verve, fruit de cinq années de pérégrination à travers le continent,  Les Européens est un recueil de photographies qui raconte l’Europe de l’après-guerre en 114 clichés, capturés entre 1950 et 1955. 

La plupart des clichés a été produit dans un premier temps pour la presse magazine, notamment américaine, comme le Holiday qui contribue largement à véhiculer une image positive de l’Europe d’après-guerre, loin des ruines, des visages émaciés et des camps. Cartier-Bresson rencontre alors un franc succès aux États Unis. Il s’inscrit également dans le paysage éditorial des livres de voyages, gagne-pain d’un grand nombre de ses contemporains photographes comme William Klein.  Pourtant, il ne choisit pas de représenter l’Europe, mais bien ses habitants. D’ailleurs, vous ne reconnaîtrez aucun bâtiment emblématique, ni la tour Eiffel, ni le Colisée… seulement les gens, des portraits sensibles pris sur le vif, seulement ces trognes qui nous paraissent d’un autre temps.  Cartier-Bresson choisit une narration vivante, qui ne prend pas racine dans l’immuable mais dans l’instantané, dans ces quelques notes grattées dans l’encadrement d’une porte par des jeunes vénitiens à la coupe éventée, dans le geste lent et patient d’une paysanne géorgienne qui trie les feuilles de thé sous la chaleur d’un jour d’été, dans la pause effrontée d’un travailleur des halles, casquette de traviole, les bras puissants gribouillés de tatouages. 

Redécouvrir Les Européens 

La Fondation Henri Cartier-Bresson propose pour la première fois une réédition de Les Européens dans un format plus petit et accessible, tout en restant fidèle à l’esprit de l’édition originale. À cette occasion, nous avons pu découvrir mardi dernier lors du vernissage, la petite expo présentée au public du 28 janvier au 03 mai 2026, dont la sélection de clichés issue de Les Européens  permet de  (re)découvrir ce photographe de rue français, qui, comme il aimait le dire, essayait de «rester invisible par rapport à son sujet», et dont la sensibilité et les cadrages audacieux ont marqué l’histoire de la photographie. 

Cette expo raconte un autre temps, celui des jeunes femmes qui passent des certificats de bonne conduite, celui des berlinois de l’après-guerre, qui endossent des pancartes autour du cou «je cherche un travail, n’importe lequel». Une place significative est accordée aux travailleurs, à la religion, aux personnages dont le visage narre le caractère propre et bien trempé, cerné de ces marques que laissent la guerre et les tourments. Le noir et blanc sublime visages et paysages, et les clichés célèbrent les traditions, en soulignant ce qui fait l’unité de l’Europe : les européens, leurs fastes et leurs ruines, leurs soucis et leurs rires.

En parallèle de l’exposition Les Européens, l’artiste contemporain Romain Bernini présente Voyage à Giphantie, dont les toiles proposent une réflexion sur un petit ouvrage utopique Giphantie, écrit par Charles Tiphaigne au XVIII ème siècle, du 28 janvier au 03 mai 2026.

 

Crédits photos :

Portrait de Henri Cartier-Bresson © wikimedia commons

Joan Miró, Les Européens, 1955 © Successió Miró / ADAGP, Paris, 2025

Henri Cartier-Bresson, Venise, Italie, 1953 © Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Henri Cartier-Bresson, Zugdidi, Géorgie, 1954 © Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Henri Cartier-Bresson, Les Halles, Paris, France, 1952 © Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Henri Cartier-Bresson, Athènes, Grèce, 1953 © Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Henri Cartier-Bresson, Hambourg, Allemagne de l’Ouest, 1953 © Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos