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La Rose des Vents, un nouveau départ culturel pour les arts vivants

par Agnès Lemoine
22.01.2026

« On est là pour toucher le public le plus large et faire découvrir notre lieu, que les gens s’y sentent chez eux. Que ce théâtre soit un endroit convivial, offrant des propositions artistiques et participatives. »

À l’occasion de la réouverture du théâtre La Rose des Vents qui s’est tenue en décembre dernier, l’équipe de Cult News a eu le plaisir d’interviewer Audrey Ardiet, directrice de la Rose des Vents à Villeneuve-d’Ascq

 

CultNews : En quoi consistaient les besoins actuels de la Rose des Vents à Villeneuve-d’Ascq, au-delà d’une réhabilitation des locaux ? Qu’est-ce qui, selon vous, devait être repensé et quelles ont été les priorités pour ces grands travaux ?

Audrey Ardiet :
Plusieurs enjeux se posaient. L’un des plus importants concernait l’accessibilité : l’une de nos deux salles, la plus petite, n’était pas accessible aux personnes à mobilité réduite, puisqu’elle n’était desservie que par un escalier en colimaçon. Plus largement, le bâtiment n’était plus conforme aux normes actuelles, et l’accès pour l’ensemble des publics constituait une priorité essentielle.

Les normes techniques ont également été entièrement revues. La grande salle nécessitait une refonte complète, des problèmes structurels, notamment des fuites dans les bureaux et le hall, témoignaient de la vétusté du bâtiment, même si cela n’était pas toujours visible. Construit dans les années 1970, l’édifice appelait une réhabilitation globale, tant du point de vue de la réglementation que de l’accessibilité et des équipements techniques.

Pour autant, il était fondamental pour nous de préserver l’esprit du lieu. La Rose des Vents appartient à la ville et demeure un espace emblématique de son histoire culturelle.

Le théâtre a ouvert ses portes en 1976. Sa partie historique est constituée d’un cube en béton, qui correspond à notre grande salle. Dès l’origine, cette architecture était particulièrement innovante pour l’époque. L’espace avait été pensé comme modulable et multifonctionnel, permettant aux artistes d’imaginer des dispositifs immersifs, bifrontaux ou quadrifrontaux. Cette modularité a été au cœur de notre réflexion lors de la rénovation, et constitue le seul élément conservé à l’identique.

À l’origine, il n’existait que ce cube, implanté dans un environnement encore rural. Villeneuve-d’Ascq étant une ville nouvelle, le théâtre fut le premier bâtiment érigé à cet endroit, alors entouré de champs de betteraves. Au fil des années, la ville s’est développée autour de lui et des extensions ont été ajoutées, une petite salle, des bureaux pour les équipes administratives, un véritable hall d’accueil. Ces constructions ont aujourd’hui été démolies pour laisser place à de nouveaux espaces, mieux adaptés aux usages contemporains.

CN : Au théâtre La Rose des Vents, la façade attire immédiatement le regard du visiteur : que représente-t-elle ?

AA :
Il s’agit du Sourire de Nadja. Cette œuvre a été réalisée en 1978 par l’artiste plasticienne Béatrice Casadesus. Il était primordial pour nous de conserver ce symbole fort, qui incarne l’identité du théâtre et s’inscrit pleinement dans son histoire.

CN : L’accueil des publics était également un enjeu primordial dans ces travaux ?

AA :
Ces travaux ont permis des avancées majeures en matière d’accessibilité. Il était essentiel de faciliter l’entrée, la circulation et l’installation des personnes à mobilité réduite, des personnes en fauteuil, mais aussi des familles avec poussettes. Ces questions sont fondamentales dans un lieu de spectacle.

Un travail approfondi a également été mené sur l’accessibilité des espaces et leur lisibilité. Le chantier de rénovation, suivi pendant quatre ans et demi, a été extrêmement formateur. La question de la signalétique a notamment donné lieu à des collaborations avec des jeunes issus d’instituts médico-éducatifs, ainsi qu’avec notre graphiste, autour de la conception des pictogrammes. Différents tests ont été réalisés avec des groupes de personnes afin de s’assurer de leur efficacité pour identifier les espaces, le bar, la petite et la grande salle. Accorder du temps à ces enjeux est indispensable pour que les publics puissent s’approprier le lieu et s’y orienter avec aisance.

La Rose des Vents, 2016

RÉPONDRE À DES ENJEUX CULTURELS ET D’ACCESSIBILITÉ

CN : Que pourriez-vous dire concernant l’image que cherche à renvoyer le théâtre La Rose des Vents, notamment sous votre direction ? Qu’est-ce qui vous semble primordial en termes de valeurs et de services ?

AA :
Pendant les quatre années de travaux, notre programmation s’est déployée sur l’ensemble de la métropole lilloise, dans une quinzaine de lieux partenaires. Nous avons également poursuivi notre présence à Villeneuve-d’Ascq, dans des salles des fêtes et des espaces polyvalents, afin de maintenir un lien fort avec les habitants et avec le spectacle vivant.

Cette période hors les murs affirmait que La Rose des Vents demeurait active, malgré la fermeture du bâtiment. Elle nous a permis de rencontrer des publics qui ne fréquentaient pas nécessairement le théâtre auparavant.

CN : Comment expliqueriez-vous qu’ils ne venaient pas avant ?

AA :
Le théâtre pouvait apparaître comme un lieu intimidant, suscitant parfois le sentiment qu’il n’était pas destiné à tous. Ces barrières symboliques existent pour beaucoup de personnes. Investir des lieux plus familiers, comme les salles polyvalentes ou les salles des fêtes, a permis de créer des liens plus forts avec des publics qui n’auraient peut-être pas osé franchir les portes du théâtre auparavant.

L’objectif est désormais que ces personnes, qui ont assisté à nos spectacles durant cette période nomade, viennent lors de la réouverture et s’y sentent pleinement les bienvenues. C’est dans cette perspective que nous avons imaginé des propositions festives et participatives. Les week-ends de réouverture, au mois de décembre, ont également été l’occasion de découvrir le théâtre à travers des visites et des dispositifs ludiques, comme des chasses au trésor pour les enfants.

Le samedi 6 décembre, nous avons proposé un bal autour des années 80, Bal’s 80, chorégraphié par Christian Ubl et son équipe. Le public était nombreux, et beaucoup de personnes découvraient le théâtre pour la première fois. Le week-end suivant, nous avons renouvelé l’expérience avec un projet musical particulièrement fort. J’avais passé commande d’une œuvre au violoniste lillois Tony Melvil, et nous avons travaillé avec des associations et l’école de musique de Villeneuve-d’Ascq autour d’une représentation unique. Cent quatre-vingts musiciens amateurs, de tous âges, ont répété de septembre à décembre avant de se retrouver dans la grande salle pour une expérience musicale immersive, les spectateurs étant placés au cœur de l’espace. Ce fut un moment particulièrement marquant.

Notre ambition est de toucher le public le plus large possible, de faire découvrir notre lieu et de permettre à chacun de s’y sentir chez soi. Nous souhaitons que ce théâtre soit un espace convivial, proposant des expériences artistiques exigeantes et participatives.

CN : Ces initiatives ont-elles déjà permis d’observer une évolution en termes de fréquentation et d’accessibilité ?

AA :
Il sera possible d’en mesurer pleinement les effets au fil de l’année et des prochains spectacles, mais les premières soirées ont été très encourageantes. Les visites du théâtre ont également favorisé des échanges approfondis avec les publics, des temps de discussion privilégiés et des recommandations autour de la programmation à venir.

Bal Clandestin Aïcha M’Barek & Hafiz Dhaou Cie CHATHA

DES SPECTACLES ET DU PARTAGE

CN : Pourriez-vous nous présenter la programmation du théâtre La Rose des Vents après sa réouverture ? Quelle pièce conseilleriez-vous et pourquoi ?

AA :
Ce vendredi et ce samedi, nous accueillons Bal clandestin. La Rose des Vents est un lieu historiquement attentif à la danse, et je souhaite pleinement maintenir cette dimension. Nous disposons d’un plateau particulièrement adapté aux grands formats chorégraphiques, et il me semble important d’accueillir ce type de propositions, comme c’est le cas avec ce bal organisé les 23 et 24 janvier.

Les 20 et 21 mars, nous recevrons également Bate Fado, interprété par la compagnie portugaise Jonas & Lander, un spectacle singulier qui réhabilite à la fois la musique fado et la danse fado. L’accueil de spectacles internationaux fait pleinement partie de l’ADN de La Rose des Vents.

Il est difficile de faire un choix tant la programmation est riche, mais je peux également citer les Dakh Daughters, un groupe de musiciennes ukrainiennes que nous accueillerons le 14 mars. Elles mêlent musiques et chants traditionnels à des influences punk et rock. Nous présenterons aussi le spectacle de Julie Deliquet, La guerre n’a pas un visage de femme, avec douze comédiennes sur scène. La metteuse en scène s’est appuyée sur l’œuvre de l’écrivaine biélorusse Svetlana Alexievitch, qui recueille les témoignages de femmes ayant participé à la Seconde Guerre mondiale, longtemps restées invisibilisées.

La guerre n’a pas un visage de femme Julie Deliquet Théâtre Gérard Philipe – Centre dramatique national de Saint-Denis

Dans cette œuvre, l’autrice redonne la parole à ces femmes, plusieurs décennies plus tard. C’est un spectacle profondément touchant, l’un de mes coups de cœur, que je ne peux que recommander.

CN : Pourriez-vous nous parler de la troisième édition du festival 100 % Magie, qui se tiendra à partir de mars prochain ?

AA :
Nous sommes très heureux d’organiser cette troisième édition, qui se déploiera à la fois dans notre petite salle, notre grande salle, mais également hors les murs, grâce à des partenariats avec le Prato à Lille et la Maison de la Culture de Tournai. J’apprécie particulièrement l’idée de faire circuler ce festival et de lui permettre de se développer dans différents lieux.

CN : Pourriez-vous nous présenter la programmation de cet événement ?

AA :
Le fil conducteur du festival est de montrer la diversité de la magie en tant que discipline artistique. La magie est immédiatement populaire et intergénérationnelle, et les deux premières éditions l’ont confirmé. Nous touchons un public très varié, composé à la fois de nos abonnés, de familles, d’associations de magie implantées dans le nord de la France, ainsi que de magiciens amateurs.

La programmation est particulièrement riche. Nous accueillerons notamment un concert-récital du duo Jatekok, Sorcellerie pour deux pianos, qui mêle musique et magie, avec des partitions qui s’envolent et de la fumée qui jaillit des pianos, offrant une expérience très visuelle. Pendant toute la durée du festival, une exposition singulière, Tropisme poétique, des plantes qui dansent, sera également présentée. Enfin, nous accueillerons le nouveau spectacle du magicien Thierry Collet, FauxFaire FauxVoir, une proposition à la fois participative et captivante.

CN : Souhaiteriez-vous ajouter un dernier point concernant la réouverture du théâtre ?

AA :
Cette réhabilitation nous a permis de gagner une salle de répétition, ce qui est essentiel pour accueillir des artistes en résidence de création, l’une de nos missions fondamentales. Pouvoir accompagner les artistes dans leurs recherches, leur offrir de bonnes conditions de travail et les soutenir dans leurs processus de création constitue une réelle opportunité. Grâce à ces travaux, nous allons de nouveau pouvoir les accueillir durablement et renforcer notre rôle de soutien à la création contemporaine.

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