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Hollywood face à l’IA : quand la fiction déborde la réalité

par Kenza Boumahdi
17.02.2026

Une vidéo de quinze secondes aura suffi à faire trembler Hollywood. On y voit Brad Pitt et Tom Cruise s’affronter violemment sur un toit en ruines, échangeant des répliques dignes d’un thriller paranoïaque. La scène est crédible, spectaculaire, presque banale dans sa forme. Sauf qu’elle n’a jamais été tournée. Elle a été générée de toutes pièces par Seedance 2.0, un nouvel outil de création vidéo dopé à l’intelligence artificielle, développé par la firme chinoise ByteDance, maison mère de TikTok.

Publiée le 11 février par le réalisateur irlandais Ruairí Robinson, la séquence est devenue virale en quelques heures. Elle marque surtout un nouveau seuil franchi par l’IA générative : visages, voix, mouvements, montage, effets sonores… tout concourt à créer l’illusion parfaite d’un blockbuster qui n’existe pas. Pour les amateurs de technologie, l’exploit est fascinant. Pour l’industrie du cinéma, il sonne comme un avertissement brutal.

Une panique immédiate à Hollywood

La réaction des studios et des syndicats ne s’est pas fait attendre. La Motion Picture Association et le syndicat SAG-AFTRA ont dénoncé une utilisation massive et non autorisée d’œuvres protégées, pointant l’absence de garde-fous empêchant l’exploitation des visages, des voix et des personnages sous copyright. Disney est allé plus loin en adressant une mise en demeure à ByteDance, estimant que Seedance 2.0 avait été entraîné sur des images issues de ses franchises, Marvel, Star Wars ou Pixar, sans autorisation.

Cette colère révèle une inquiétude plus profonde : Seedance 2.0 ne se contente pas d’imiter un style ou une ambiance, il reproduit des acteurs et des univers avec une précision troublante. Contrairement à OpenAI, qui avait dû renforcer ses protections après le lancement controversé de Sora 2 à l’automne 2025, ByteDance ne semble pas, pour l’instant, proposer de mécanismes équivalents. Et rien ne garantit que le géant chinois accepte de négocier des accords de licence avec les studios américains.

La star, dernier rempart de l’industrie

Ce que cet épisode met en lumière, c’est la fragilité du cœur même du modèle hollywoodien : la star. Depuis un siècle, le cinéma s’est construit sur des visages reconnaissables, des corps désirés, des voix identifiables, devenus de véritables marques. Or, avec l’IA générative, ces marques peuvent être copiées, détournées, réutilisées sans le consentement de ceux qui les incarnent.

Lors de la grève de 2023, les syndicats avaient pourtant obtenu des protections contre l’usage non consenti des doubles numériques. Mais ces accords ne concernent que les productions américaines. Face à des outils accessibles mondialement, parfois via de simples VPN, ces garde-fous apparaissent déjà obsolètes. Au Congrès, le No Fakes Act, censé interdire les répliques numériques sans autorisation, est toujours en discussion.

Une révolution qui dépasse le cinéma

Pour de nombreux observateurs, l’enjeu dépasse largement Hollywood. Le spécialiste de l’audiovisuel Cyril Barthet résume dans un entretien au Point la situation sans détour : le cinéma, en tant qu’industrie, est en train de perdre son actif principal. Si n’importe qui peut générer une scène crédible avec des stars mondiales à partir de quelques lignes de texte, alors la valeur économique, symbolique et juridique de l’image vacille.

Dans le même temps, cette révolution ouvre aussi des perspectives inédites. L’IA permet déjà à des créateurs isolés de produire des images d’un niveau quasi professionnel, sans moyens industriels. Demain, des films entiers pourraient naître hors des circuits traditionnels, diffusés en ligne avant d’être proposés en salle ou sur les plateformes. Une promesse d’émancipation pour certains, une menace existentielle pour d’autres.

Une boîte de Pandore ouverte

Ce qui frappe enfin, dans l’affaire Seedance, ce n’est pas seulement la qualité des images, mais la vitesse de progression. En six mois, la technologie a fait un bond spectaculaire. Et, fait plus troublant encore, certaines intelligences artificielles commencent déjà à participer à leur propre développement, brouillant un peu plus la frontière entre outil et acteur.

L’épisode Pitt vs Cruise restera peut-être comme un simple moment viral. Ou comme le point de bascule où Hollywood a compris que l’IA n’était plus un gadget, mais un concurrent. Une chose est sûre : la question n’est plus de savoir si le cinéma va changer, mais à quelle vitesse, et qui en écrira encore les règles.

©deepfake video Seedance 2.0