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Heman Dune au Cabaret Sauvage : l’homme des trois continents enchante Paris

par Yves Braka
17.03.2026

David-Ivar Herman Dune a effectué un retour mémorable dans sa ville natale pour la dernière étape de sa tournée solo européenne, consacrée à la promotion de son dernier album Odysseùs. Le public avait répondu présent, remplissant cette salle en forme de chapiteau de cirque à l’acoustique irréprochable. Cult-news a eu la rare occasion de l’interviewer avant le spectacle.

Le Cabaret Sauvage est une salle unique à Paris, née de l’ex-Magic Mirror grâce à la persévérance de Meziane Azaïche et à un billet de loterie nationale qui lui permit de concrétiser le lieu qu’il portait en tête : une salle circulaire à l’acoustique parfaitement étudiée, où les 1 200 spectateurs ne sont jamais éloignés de la scène.

 

Le premier artiste country folk andalou

 

David monte sur scène avec le sourire de celui qui est heureux d’être là. Il empoigne l’une de ses guitares et entame « Paulette Pt. 1 (No Cocaïne Blues) », qui rappelle, si besoin en était, sa virtuosité discrète. Seul en scène, entouré de ses instruments qu’il change au fil des chansons, il évolue dans un décor épuré : quelques lampes baladeuses d’atelier posées sur des trépieds, accrochées au micro.

 

Sans transition, il enchaîne sur « A River Keeps Running (When a Good Man Dies) » : La qualité de sa voix éclate d’emblée dans ce country folk, plus profonde et envoûtante encore que sur l’enregistrement. Pour suppléer le violon final, il livre un solo de guitare aux sonorités arabo-andalouses qui s’intègrent à merveille à la composition, couleur que l’on retrouvera dans l’introduction de « Odysseús ».


Ce qui caractérise avant tout Herman Dune, c’est la richesse de ses compositions : du folk pur avec « Moonlight on Gaffey Street », hommage à Leonard Cohen, à la pop légère de « Buffoon Of Love », qu’il interprète en duo avec son épouse sur l’album, en passant par la country de « 369 (The Sun Gon’ Shine) ». Seul en scène, il parvient à restituer avec brio toute la richesse de l’album.

 

Le gardien du temple de la vraie musique folk

 

Il nous présente sa mandoline, baptisée « Scarlett » en hommage à son luthier canadien M. Johansson. Peut-être en raison de la détente de fin de tournée, il multiplie les apartés avec son public, et s’avère irrésistiblement drôle.

 

« Je n’ai jamais cru à la magie jusqu’à ce que ma femme achète un robot cuiseur. »

 

Il évoque ses voisins de Los Angeles, les anecdotes de la route. Ces récits confèrent une cohérence organique à son spectacle, car chacune de ses chansons est elle-même une histoire, dans la plus pure tradition du folk. Il est tombé dans le chaudron en écoutant Bob Dylan et n’en est jamais ressorti, pour notre plus grand bonheur.

 

Il s’autorise cependant quelques délicieuses échappées, comme « I Wish That I Could See You Soon », issu du magnifique album Giant, aux sonorités caribéennes qui enflamment le public.


Il offre trois rappels, dont « Undiscarded Jacaranda » de l’album Santa Cruz Gold, qui révèle qu’il chante également en français avec une aisance naturelle. On sent que ni le public ni lui ne souhaitent se quitter, et ce moment suspendu est profondément émouvant.

Un grand artiste franco-américano-marocain

 

Herman Dune puise dans ses racines profondes sur trois continents pour forger une musique à la sonorité unique. Son talent de compositeur et sa virtuosité à la guitare lui permettent d’exprimer ce qu’il ressent avec une sincérité désarmante, nous offrant le privilège de partager ses émotions comme on partagerait celles d’un ami qui saisit sa guitare au terme d’une belle soirée. On aura peut-être la chance d’y voir l’ombre de Leonard Cohen planer au-dessus de lui.

 

En un temps où les communautés se referment et s’affrontent, il est bon d’écouter ceux qui, par leur musique, rappellent que les frontières, géographiques ou identitaires, ne résistent pas longtemps à une belle chanson.

Photos: YB

Remerciements: Quintus Kannegiesser

Les cinq albums qu’il faut écouter avant les autres:

  • Not on Top (2005) chez PIAS
  • Giant (2006) chez Source etc…