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Habib Meftah, un des plus grands percussionnistes iranien en exil, raconte la brutalité tortionnaire de la République islamique

par Hanna Kay
04.03.2026

Prison. Torture. Exil. Habib Meftah a payé pour une chose simple : être musicien en Iran. Depuis 2008, il est réfugié politique en France. Grâce à son talent, à sa renommée, et à quelques amitiés — rares quand tout s’effondre — il a reconstruit sa vie et joue à nouveau sur les scènes du monde. Sur scène, il frappe les peaux de tambour et mélange les cultures comme une prière pour la liberté. Aujourd’hui, entre l’espoir fragile né après l’élimination du guide suprême Ali Khamenei et la peur d’une guerre qui déborde, les peuples restent pris en otage — en Iran, en Israël, ailleurs. L’art ne détourne pas les missiles. Mais il empêche le silence. Le 1er avril, Habib Meftah jouera au Printemps du Jazz Persan, à la Seine Musicale.

Le crime d’être musicien

2005. Habib Meftah rentre en Iran pour deux mois. Vacances. Il tourne alors dans le monde entier avec la célèbre compagnie du chorégraphe José Montalvo. Sa femme est enceinte. Son premier album solo, Deyzangeroo, construit sur des rythmes traditionnels du sud de l’Iran, vient de sortir. Une semaine plus tard, dans les rues de Bouchehr, sa ville d’origine, des hommes armés l’enlèvent. Dix jours enfermé, battu, torturé jour et nuit, sans comprendre pourquoi. Sa famille paiera l’équivalent d’une fortune pour le libérer. Trois ans d’interdiction de travailler, de jouer, et de sortir du territoire iranien. Voilà comment le régime traite les musiciens.

C’est le début de l’ère de Mahmoud Ahmadinejad, président tyrannique. La République islamique durcit sa main. Les artistes deviennent suspects : insoumis, incontrôlables. Trop libres. La musique donne un langage aux colères que le pouvoir voudrait étouffer. Le jazz, musique profane, reste non autorisé par les autorités officielles. Meftah paie avant les autres. Avant que la répression ne devienne systématique. Il le dit simplement : « J’ai été l’un des premiers artistes arrêté, emprisonné, torturé. Le régime m’a volé ma liberté.» La liberté, mais aussi tout ce qu’il a de plus précieux : sa famille et sa musique. Trois ans, où il ne peut pas jouer, où son énergie vitale de musicien est anéantie.

Jouer pour les mères… et ne jamais revoir la sienne

2008. Habib Meftah parvient à quitter l’Iran. Retour en France. Réfugié politique. Exil définitif. Mais il a tout perdu. Plus de maison, plus de compte bancaire en France, une vie laissée derrière lui. À Paris, un ami l’accueille : le pianiste d’origine iranienne Arshid Azarine. Compagnon de musique de longue date, aujourd’hui encore partenaire de trio. Azarine l’aide à tenir. Car l’exil n’est pas seulement une frontière franchie. C’est une chute. On découvre vite que la solidarité existe — mais qu’elle est rare. Peu à peu, Meftah reconstruit. Les concerts reviennent. Les scènes aussi. Son nom circule, porté par le talent, la réputation déjà acquise. Mais l’exil ne ferme jamais la blessure.

Sa mère meurt pendant le Covid. Il ne peut pas rentrer. Pas d’adieu : retourner en Iran lui est impossible. À partir de là, sa musique change. Les rythmes du sud — autrefois dédiés à la danse — deviennent des battements de résistance, de mémoire. Le tempo ralentit parfois. Les mots parlent de guérison, des mères qui ont perdu leurs enfants et lui pense à sa mère qu’il n’a jamais revu. Dans certains concerts, il s’interrompt. Il pleure. Comme lorsqu’il apprend sur scène en janvier dernier, la mort de 30 000 manifestants abattus par le régime islamique.

Les vents de Bouchehr et les tambours du monde

Né à Bouchehr, sur le Golfe persique, Habib Meftah porte dans sa musique et dans son cœur, les vents marins, les rythmes africains arrivés par les routes de l’esclavage, mêlés aux pulsations arabes et persanes. Le rythme comme respiration. Très tôt, il apprend la flûte puis les percussions. À seize ans, il participe au groupe Lian, formation emblématique de la musique du sud iranien. Puis vient le Shanbehzadeh Ensemble, où les traditions du Golfe persique — cornemuses locales, tambours, danses — se mêlent à l’énergie brute des cérémonies populaires. La scène s’ouvre ensuite au monde. La compagnie Montalvo,  les festivals européens. Théâtre de Chaillot. Tournées internationales. Et des rencontres. Avec le guitariste français Titi Robin. Avec la chanteuse d’origine iranienne, exilée aux Etats-unis, Azam Ali. Avec les frères du Trio Joubran, dont la musique porte elle aussi une terre blessée. Trois ouds palestiniens, des percussions persanes, qui résonnent pour la paix et la coexistence des peuples. On comprend vite que cette musique n’est jamais neutre. Les artistes font résonner leur rage de liberté .

Sous la surface des rythmes, quelque chose gronde. Car pendant ce temps, en Iran, il y a des soulèvements successifs. 2009, 2019, puis 2022, avec l’assassinat de Mahsa Amini pour avoir mal porté son voile. Les manifestations. Le mouvement Femme, vie, liberté,. Les milliers de morts. Les femmes, les étudiants, les artistes arrêtés.  Sa musique libre en Europe, ses prises de position artistiques contre le régime, ont un prix. En Iran, la maison familiale devient cible , son père reçoit des menaces et deux cocktails Molotov sur son lieu de résidence. Puis le silence. Huit mois sans nouvelles.

En 2020, avec son album Shibaali, Habib Meftah compose une sorte de journal intime en musique : un mélange explosif de folk du sud iranien, d’électronique, de transe rituelle.. Shibaali signifie « sous le voile » — l’endroit où, enfant, sa mère cachait des surprises quand il rentrait de l’école. La mémoire devient rythme.

Début 2026, un nouvel album est sorti. Couleurs afro-blues et orientales. Trois continents qui dialoguent : le chanteur et guitariste burkinabé Hami Hamoo, le saxophoniste français Michaël Harvard, et les percussions persanes de Meftah. « C’était mon rêve, dit-il : une musique à l’image de Bouchehr, là où les rythmes africains et orientaux traversent les frontières. » La mer, les migrations, les tambours. Et la liberté qui cherche encore son tempo.

Le 1er avril, le Printemps du jazz persan, organisé par son ami et pianiste Arshid Azarine, réunira de nombreux artistes iraniens. Il sera question de musique comme guérison, entre jazz et musiques traditionnelles. D’espoir aussi. De mémoire — pour ceux tombés pour la liberté. Et de solidarité avec ceux qui vivent aujourd’hui sous les bombes. Ironie de l’histoire, la République Islamique a été proclamée …. un 1er avril 1979. Jazz is freedom.

Visuel : © HK

Le Printemps du jazz persan, 1er avril à la Seine Musicale, Paris.