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Guy Nattiv : « Mon arme, c’est l’art »

par Hanna Kay
18.01.2026

Dans Tatami, une judokate iranienne est sommée par le régime islamiste de se retirer d’une compétition sportive pour éviter d’affronter une adversaire israélienne. Guy Nattiv, cinéaste israélien installé à Los Angeles, nous confie : son film est un thriller politique sur les femmes iraniennes et, plus largement, sur ce que signifie refuser d’obéir. Et il ne cache pas sa lassitude face à une indignation mondiale qu’il juge variable,  selon les causes, selon les peuples.  Il ne cherche pas l’élégance diplomatique : il demande à sortir de la hiérarchie des tragédies, que l’on défende l’humanité où qu’elle soit. « Mon arme, c’est l’art. » Filmer empêche au moins le silence de gagner.

Tatami est né d’un fait réel ?

Oui, c’est une histoire vraie. Pendant le Covid, j’étais chez moi, comme tout le monde, et je cherchais ce que j’allais faire ensuite. J’ai lu un article sur un judoka iranien, Saeid Mollaei, et un judoka israélien, Sagi Muki. Ils étaient champions, ils étaient amis. Ils allaient à Tokyo pour un championnat du monde. Et au moment où ils pouvaient se rencontrer, le judoka iranien a reçu des appels du régime : « avorte la mission », « tu ne peux pas combattre », « feins une blessure ». Et lui disait : « Non, je veux me battre, c’est ma nuit. » On lui a répondu : « Si tu te bats, tu vas payer le prix à la maison. Tu vas perdre ta famille. » C’est exactement ce qui arrive dans le film.

Quand vous lisez ça, vous vous dites immédiatement : « j’en fais un film » ?

Je l’ai lu et j’ai été très inspiré. J’ai écrit le scénario en une semaine. C’est le script le plus rapide que j’aie jamais écrit. Mais je ne suis pas iranien, je ne suis pas perse, donc je savais qu’il fallait des collaborations persanes pour que ce soit juste, authentique.

Et c’est là que vous rencontrez Zar Amir Ebrahimi , la co-réalisatrice du film ?

Oui. J’ai rencontré Elham Erfani (la co-scénariste iranienne) en ligne, puis j’ai vu Holy Spider (Les Nuits de Mashhad) avec Zar. Je me suis dit : « Wow. » Je lui ai proposé. Et ensuite, le film a évolué.

Comment a-t-il évolué ?

Au début, c’était plutôt le portrait d’un athlète iranien, l’identité, le choix, la liberté, le combat pour la liberté. Et puis, en écrivant, on a vu de plus en plus de sportifs iraniens refuser d’obéir au régime. Et ensuite il y a eu Mahsa Amini (tuée en 2022 pour avoir « mal ajusté » son voile). Donc le film est devenu celui d’une protagoniste féminine.

En France, le film a trouvé un public assez rare pour ce type de cinéma…

C’était surprenant. Mais oui, le film  (lire notre critique )a été un grand succès en France : un million, un million et demi de spectateurs… beaucoup de gens l’ont vu, l’ont aimé. Je pense que la collaboration israélo-iranienne a touché les gens.

Cette collaboration a aussi déclenché des réactions hostiles ?

Bien sûr. Des haïsseurs en ligne, des partisans du régime islamique. Au début, je me disais : « Oh mon Dieu. » Et puis après : « Whatever ». Tu ne peux pas combattre ces gens. Ils mettent leur poison, je m’en fiche. Moi je fais mes films. Et de toute façon, le film a eu un impact, ils n’ont pas pu arrêter la vague.

Qu’est-ce-que la responsabilité artistique selon vous ?

La responsabilité, d’abord, c’est se battre pour la liberté et pour l’humanité. Donner une voix aux gens opprimés. Mais il ne faut pas donner trop de pouvoir au cinéma : les films ne changent pas la réalité. Je n’ai pas vu un film changer un agenda politique. Mais ça donne un mégaphone. Un mégaphone pour la lutte. C’est une réflexion. Et moi, je dis toujours : Mon arme, c’est l’art.

Vous dites « mégaphone », pour qui ?

Pour ceux qu’on n’écoute pas assez, qu’on n’entend pas. Et aussi contre la haine. Quand des gens sont en colère en ligne, qu’ils parlent mal d’Israël, des juifs, des Syriens… je leur dis : mettez votre énergie dans autre chose que la haine. Faites de l’art. Faites un film sur votre frustration. Écrivez une pièce, un livre, faites un film. C’est la meilleure plateforme pour exprimer ce que vous ressentez.

Quand vous voyez l’Iran aujourd’hui — les gens dans la rue — qu’est-ce que ça déclenche chez vous ?

Je suis en contact avec mes amis iraniens, Zahr, Sina, les acteurs… On est très proches. Donc j’ai des informations directes sur leurs familles, sur ce qui se passe. Mon cœur est avec le peuple iranien. Et j’espère que le régime va tomber — avec l’aide d’autres pays, parce qu’ils massacrent des gens, c’est un régime criminel.

Vous avez une relation personnelle avec l’Iran ?

Je suis israélien, je me sens proche du peuple iranien. Mes parents y sont allés en vacances dans les années 70. Ils m’ont dit que c’était incroyable : des clubs, des performances, la gastronomie… une des plus belles vacances de leur vie. Les Perses sont brillants. Le peuple perse est incroyable. C’est le régime islamique qui a rendu tout ça fou, sanguinaire et criminel.

Si Tatami devait transmettre un seul message au monde ?

« Soutenez les Iraniens comme vous soutenez les Palestiniens ». Je ne vois pas de manifestations avec autant de monde dans les rues de Paris ou de Londres. Je veux voir tout le monde — musulmans, chrétiens, tout le monde — dans la rue, pour aider les Iraniens. Où est Columbia University ? Où est Berkeley ? Où est Greta Thunberg ? Zéro tweet sur les gens tués en Iran. Zéro. Mais quand c’est contre Israël…

Quels sont vos prochains projets ?

Je travaille sur un film autour de l’histoire de ma grand-mère et de l’Holocauste, avec, entre autres, Carrie Coon (The White Lotus), Bella Ramsey (The Last of Us), and Lily James. Nous développons aussi un autre film avec Zar Amir Ebrahimi.

Vous dénoncez parfois une indignation à géométrie variable ?

Oui. Si vous êtes pour l’humanité, alors soyez pour l’humanité pour tout le monde.

Lire notre dossier Iran

Visuel : ©Theo & Juliet