08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    03.04.2026 : La Fondation Gulbenkian et la Friche Belle de Mai lancent une résidence curatoriale    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    03.04.2026 : La Fondation Gulbenkian et la Friche Belle de Mai lancent une résidence curatoriale    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    03.04.2026 : La Fondation Gulbenkian et la Friche Belle de Mai lancent une résidence curatoriale    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    03.04.2026 : La Fondation Gulbenkian et la Friche Belle de Mai lancent une résidence curatoriale    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    03.04.2026 : La Fondation Gulbenkian et la Friche Belle de Mai lancent une résidence curatoriale    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    03.04.2026 : La Fondation Gulbenkian et la Friche Belle de Mai lancent une résidence curatoriale    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    03.04.2026 : La Fondation Gulbenkian et la Friche Belle de Mai lancent une résidence curatoriale    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    03.04.2026 : La Fondation Gulbenkian et la Friche Belle de Mai lancent une résidence curatoriale    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    03.04.2026 : La Fondation Gulbenkian et la Friche Belle de Mai lancent une résidence curatoriale    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    03.04.2026 : La Fondation Gulbenkian et la Friche Belle de Mai lancent une résidence curatoriale    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    03.04.2026 : La Fondation Gulbenkian et la Friche Belle de Mai lancent une résidence curatoriale    08.04.2026 : la programmation du festival d’Avignon 2026    03.04.2026 : La Fondation Gulbenkian et la Friche Belle de Mai lancent une résidence curatoriale
Actualités
Agenda
Dossiers
Auteurs et Autrices
Partenaires
Qui sommes-nous?
Contact
12.05.2026 → 26.04.2026

Festival de Cannes 2026 : Une sélection officielle entre le poids du monde et celui de l’Histoire

par Yaël Hirsch
09.04.2026

Ce jeudi 9 avril, Thierry Frémaux et Iris Knobloch retrouvaient la presse au Pathé Palace pour dévoiler une grande partie de la sélection de la 79e édition du Festival de Cannes, qui se tiendra du 12 au 23 mai 2026. Une édition placée sous le signe de la responsabilité et de la combattivité par Iris Knobloch. Avec Park Chan-wook, dont les films venus de Séoul ont « créé des séismes aux quatre coins du monde », le cinéma du désir et de la cruauté promet un regard aiguisé sur une sélection qui joue, cette année encore, avec les frontières du genre.

Les engagements du 79e Festival de Cannes

 

« Nous ne fermons pas les yeux », déclare la présidente du Festival, Iris Knobloch, rappelant que le rôle du Festival de Cannes, lui-même né dans un monde en crise en 1939, est de « donner de la visibilité » à tous types de cinéma qui peuvent être réprimés ou manquer de fonds. Elle a aussi parlé du devoir de l’institution quasi-centenaire qu’est le Festival de Cannes de transmettre aux générations suivantes une version vivante du cinéma. « Un film n’est pas un assemblage de données, c’est une vision personnelle », a-t-elle ajouté, avançant que la vision d’un·e cinéaste, c’est évidemment tout une fenêtre qui s’ouvre sur un monde. Quatre figures incarnent d’ores et déjà cette conscience et ces devoirs du Festival de Cannes : le président du jury Park Chan-wook, les Palmes d’honneur Peter Jackson et Barbra Streisand (en espérant que cette dernière prolongera l’émotion suscitée par son hommage chanté à Robert Redford aux Oscars), et enfin, la maîtresse de cérémonie Eye Haïdara, qui ouvrira le festival le 12 mai. Journalistes et équipes ont été remercié·es, ainsi que toutes sortes de métiers mis en avant et qui permettent au cinéma et au festival d’exister. En filigrane, on a beaucoup entendu parler de l’intelligence artificielle, qui est « à l’intelligence ce que le vélo électrique est au vélo », selon le mot d’humour du délégué général, qui a beaucoup plu.

 

 

Le cinéma : un art vivant à transmettre

 

Pour Thierry Frémaux, on se pose la question de la mort du cinéma (notamment depuis Godard) depuis les années 1980. Mais selon lui, « Le langage du cinéma a gagné, il est partout ». Il ajoute : « On flirte avec des chiffres olympiques ». En effet, avec 2 741 longs-métrages venus de 141 pays soumis au comité de sélection, on peut juger de la vitalité du cinéma. Dans ce qui a été soumis, le délégué général note « un très haut niveau de cinéma et de pensée », et certaines nostalgies, par exemple pour la vie en communauté ou l’universel. Il met en avant l’importance des genres documentaire et animation. Au final, à la date de ce 9 avril, la Compétition officielle comporte 21 films dont 11 entrant·es et 5 réalisatrices, qui représentent à peu près 25 % des films soumis au comité de sélection. La sélection officielle est plus large avec les séances spéciales, Cannes Premières et les séances de minuit.

 

 

L’histoire européenne (encore) revisitée

 

À l’instar du film d’ouverture projeté hors compétition, La Vénus électrique de Pierre Savaldori, plongé dans le Paris des années 1920 et porté par Pio Marmaï, Anaïs Demoustier et Gilles Lellouche, beaucoup de films réinterrogeront l’Histoire avec un grand H, avec un goût certain pour les costumes. Une grande partie des films français ou coproduits s’attaquent à nouveau à la période trouble de Vichy. En compétition, Notre salut d’Emmanuel Marre, avec Swann Arlaud, suit la dérive d’Henri Marre, écrivain durant la Seconde Guerre mondiale. László Nemes signe un film sur Jean Moulin, incarné par Gilles Lellouche. Projeté hors compétition, La Troisième Nuit de Daniel Auteuil évoque le sauvetage d’enfants pendant la Seconde Guerre mondiale dans la région de Lyon ; et l’on verra la première partie de la fresque La Bataille de Gaulle (5 heures en tout) d’Antonin Baudry.

 

Sur un épisode plus récent, Laurianne Escaffre et Yao Muller mettent en scène Charlotte Gainsbourg en Gisèle Halimi. Envoyé la veille de l’annonce de la sélection, Coward de Lukas Dhont traite de la guerre de 14-18 et s’inspire des photographies produites en autochrome de l’époque. Javier Calvo et Javier Ambrossi signent La Bola Negra, film historique qui suit García Lorca du côté de la guerre civile, avec une apparition éclair et inoubliable de Penélope Cruz. 1949, de Paweł Pawlikowski, est une fresque historique dans son noir et blanc signature, sur le retour de Thomas Mann en Allemagne pour y recevoir le Prix Goethe. Outre-Atlantique, l’Américain Ira Sachs propose avec The Man I Love un film lui aussi historique sur les années sida à New York. L’histoire récente est aussi très présente avec la projection en séance spéciale de L’Abandon, de Vincent Garenq, sur les derniers jours de Samuel Paty.

 

 

Des séances spéciales très engagées

 

La promesse du Festival d’être une fenêtre sur notre monde se réalise en séances spéciales, avec la projection du film iranien de Pegah Ahangarani et plusieurs documentaires. Le John Lennon de Soderbergh, le documentaire d’animation Les Survivants du Che de Christophe Réveillé, le documentaire de Ron Howard sur le photographe Richard Avedon sont aussi une manière de revoir certaines pages de notre Histoire.

 

 

Des légendes à Cannes Premières et en séances spéciales

 

Cannes sera toujours Cannes, avec sa part de mythe — et le délégué général est heureux d’y accueillir le grand John Travolta, qui viendra présenter son premier film en tant que réalisateur, Vol de nuit pour Los Angeles, récit initiatique de lui enfant traversant le continent par les airs — un geste hollywoodien à la fois intime et spectaculaire. On retrouve aussi Volker Schlöndorff, Palme d’or 1979 pour Le Tambour, avec la présence de Kiyoshi Kurosawa. Côté français, Éric Cantona sera deux fois de retour sur les marches : avec un rôle auprès d’India Hair dans le premier film d’Avril Besson, Les Matins merveilleux, et dans le documentaire Le Joueur de foot de Ben Nicolas. Autres chouchous nationaux : Guillaume Canet, avec Karma, hors compétition, et Agnès Jaoui, qui ne s’était pas présentée depuis 2004, qui présente L’Objet du délit, comédie autour d’une troupe d’opéra, avec notamment l’actrice Eye Haïdara.

 

 

Le genre sous toutes les coutures

 

Lors des séances de minuit, la sélection officielle accueille pour la première fois Bertrand Mandico avec le film « fellinien » Roma Elastika, où jouent Marion Cotillard et Noémie Merlant. Nicolas Winding Refn proposera un thriller stylisé autour du désir, de la célébrité et de l’autodestruction. Sanguine, de Marion Le Corroller et Thomas Pujol, est un film d’horreur médical. Quentin Dupieux sera tel qu’en lui-même, présentant Full Phil, avec Woody Harrelson, Kristen Stewart et Charlotte Le Bon. Jim Queen, de Marco Nguyen, est un film inclassable qui joue sur le genre, mêle animation et prises de vues réelles, et se passe dans les salles de gym.

 

 

Nouveaux·elles venu·es et habitué·es

 

On retrouvera Asghar Farhadi hors d’Iran pour Histoires parallèles, récit choral de destins entremêlés autour d’un secret moral ; Andreï Zviaguintsev hors de Russie pour Minotaure ; et Pedro Almodóvar en castillan pour Amarga Navidad (Bitter Christmas). Le Roumain Christian Mungiu, lui, est parti en Norvège tourner Fjord, sur une prise de décision compliquée. Après Le Corset, la réalisatrice autrichienne Marie Kreutzer est aussi de retour. De même que les Japonais Kōji Fukada pour Nagi Notes, Hirokazu Kore-eda pour Sheep in the Box, et Ryūsuke Hamaguchi pour Soudain. Le Coréen Na Hong-jin fait son entrée en compétition. Et parmi les grand·es nouveau·elles venu·es : Jeanne Herry, avec Garance, où jouent Adèle Exarchopoulos et Sara Giraudeau. L’objet très singulier qu’est L’Inconnue, d’Arthur Harari, thriller intime autour d’une disparition et d’une enquête obsessionnelle, que Thierry Frémaux présente comme « une bataille d’Hernani » à venir sur la Croisette. Enfin, on attend avec impatience l’adaptation des Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier par Léa Mysius, ainsi que l’entrée en compétition de l’Espagnol Rodrigo Sorogoyen avec El ser querido, où joue Javier Bardem, et celle de l’Allemande Valeska Grisebach avec le film transfrontalier L’Aventure rêvée.

 

 

Les grand·es absent·es ?

 

Alors que nous allons vous partager la sélection de la section Un Certain Regard présentée par Thierry Frémaux ce jeudi 9 avril, et que celle de Cannes Classics est à venir, nous vous partageons ici quelques films étrangement absents. Deux options : soit ils ne sont pas terminés, soit ils rejoindront les sections parallèles (ou bien les deux !). Les voici : Les Caprices de l’Enfant Roi, de Michel Leclerc, satire politique sur l’exercice du pouvoir vu à hauteur d’enfant ; Alpha Gang, de David Zellner et Nathan Zellner, comédie décalée sur une bande d’extraterrestres infiltrant la société humaine, avec Cate Blanchett et Léa Seydoux ; le très attendu The Way of the Wind, de Terrence Malick, relecture spirituelle de la vie du Christ centrée sur ses paraboles, avec Géza Röhrig, Mark Rylance et Ben Kingsley ; Jack of Spades, de Joel Coen « solo », polar ironique sur un homme pris dans une spirale de manipulation et de hasard ; Out of This World, d’Albert Serra ; et enfin Switzerland, d’Anton Corbijn, avec Helen Mirren.

visuels : YH