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Enquête : la culture dans les campagnes municipales 2026

par Kenza Boumahdi
09.03.2026

À l’approche des élections municipales de 2026, et comme la culture passe trop souvent au second plan, nous avons essayé d’interroger différents parties et candidats pour connaître leur programme culturel. Dans un context ou le budget alloué à la culture ne fait que diminuer, entre soutien à la création, développement de festivals ou réinvestissement des lieux culturels : tour d’horizon de quelques propositions portées par différents partis et listes.

Amélie, Yaël & Kenza

Parti Socialiste : Défendre la création et soutenir les artistes à Paris

 

À Paris, Florian Sitbon, conseiller de Paris et candidat dans le 15ᵉ arrondissement aux côtés d’Emmanuel Grégoire, inscrit la culture dans une bataille politique et symbolique. Le programme porté par le Parti socialiste repose sur la défense de la liberté de création, présentée comme un rempart face aux pressions politiques et idéologiques.

 

Concrètement, la municipalité souhaiterait soutenir les artistes par des mesures structurelles. Parmi les propositions figure une garantie municipale des loyers pour les artistes, afin de faciliter l’accès au logement pour une population aux revenus souvent irréguliers. La ville entend également développer de nouveaux lieux de création, notamment des ateliers et des salles de répétition, en transformant des bâtiments inutilisés situés entre les boulevards des Maréchaux et le périphérique. Dans un contexte marqué par la baisse des financements nationaux, l’équipe d’Emmanuel Grégoire a annoncé par ailleurs depuis son intention d’augmenter le budget culturel municipal de 10%.

 

Reste à voir si cette hausse suffira à compenser la contraction générale des financements publics. À Paris comme ailleurs, l’équation reste la même : des ambitions culturelles élevées… avec des moyens qui, eux, semblent souvent suivre la trajectoire inverse.

 

Photo Facebook Emmanuel Grégoire

 

 

Photo Facebook de Florian Sitbon

 

Horizons : Faire entrer la culture dans le 17ᵉ arrondissement de Paris

 

Pour Rachel Flore Pardo, candidate Horizons dans le 17ᵉ arrondissement avec Pierre-Yves Bournazel, l’enjeu principal est territorial. Elle constate que le 17ᵉ arrondissement dispose de peu de théâtres, de cinémas ou de musées, et souhaite y développer une véritable dynamique culturelle. Notons tout de même que le 17e abrite, avec l’Odeon-Berthier l’un des 6 théâtres nationaux.

 

Son programme s’appuie sur des initiatives locales : création de résidences d’artistes, organisation d’ateliers artistiques pour les enfants et mise en place d’un festival annuel mêlant cinéma, théâtre et concerts en plein air. La candidate défend également le rôle des mairies d’arrondissement dans le soutien aux associations culturelles, via des subventions et un travail politique visant à attirer davantage de projets artistiques sur le territoire.

 

Affiche de campagne Rachel-Flore Pardo

 

En ce qui concerne leur programme pour la ville de Paris, Delphine Goater, candidate à la mairie du 11ᵉ arrondissement, nous en dis plus sur le programme ambitieux porté par Pierre-Yves Bournazel :

Leur constat est clair, Paris n’exploite pas suffisamment la richesse de son patrimoine culturel, souvent réduit à de simples lignes budgétaires. Ils proposent de lui redonner une ambition à travers plusieurs axes structurants visant à soutenir la création, les artistes et l’économie culturelle.

 

Parmi les grandes mesures figure la création de 500 logements temporaires pour artistes d’ici 2030, avec des baux de 3 à 6 ans et des espaces adaptés au travail artistique. L’objectif est de faciliter l’accès au logement pour les créateurs tout en fluidifiant le parc social.

 

Le programme prévoit également l’ouverture d’un centre d’art LGBTQIA+, dédié à la mémoire et à la création contemporaine, accueillant expositions, résidences d’artistes, archives et événements publics dans un bâtiment réhabilité financé en grande partie par mécénat.

 

Autre projet structurant : la Villa Niki, une maison parisienne dédiée à la création contemporaine inspirée de la Villa Médicis. Elle accueillerait résidences d’artistes, espaces d’exposition et initiatives culturelles dans un lieu pensé pour soutenir les jeunes créateurs.

 

Pour renforcer l’économie culturelle, ils proposent la création de Zones d’Entreprise Créative, inspirées du modèle londonien. Ces zones offriraient loyers maîtrisés, avantages fiscaux et espaces de travail pour les petites entreprises culturelles, notamment autour du canal de l’Ourcq, de Seine-Amont et de l’arc Clignancourt-Montmartre.

 

Son programme inclut aussi la mise en place d’un 1 % culturel métropolitain, afin que chaque grand projet urbain du Grand Paris consacre 1 % de son budget à des actions culturelles telles que résidences d’artistes, commandes publiques ou équipements de proximité.

 

Enfin, Pierre-Yves Bournazel souhaite réformer la gestion des institutions culturelles municipales, notamment Paris Musées, en renforçant la transparence financière et le contrôle de gestion, tout en mutualisant certaines fonctions des théâtres municipaux afin de réinvestir les économies réalisées dans la création artistique.

 

Un programme foisonnant, presque encyclopédique, mais comment financer durablement autant d’initiatives dans un contexte budgétaire de plus en plus contraint ?

 

Affiche de campagne Delphine Goater

 

Parti Communiste Français : La culture comme levier d’émancipation à Lille

 

Maël Zouareg Truffier, candidat communiste sur la liste « Tout pour Lille » menée par le maire sortant Arnaud Deslandes, nous en dit plus : «on défend une vision de la culture étroitement liée à l’éducation populaire. Pour nous, la culture doit être un vecteur d’émancipation, permettant à chacun de participer pleinement à la vie démocratique.»

 

Grace à un travail avec la mairie, la ville dispose déjà d’un réseau culturel dense et équilibré entre les différents quartiers : musées, cinémas, bibliothèques, écoles de musique etc… mais aussi les «Maison Folie», un projet porté par Martine Aubry, qui sont des lieux sociaux de rencontre hybrides ouverts sur les quartiers qui accueillent des programmes culturels et sociaux. L’enjeu est désormais de soutenir davantage les artistes émergents et de faciliter l’accès à la culture pour toutes et tous. Il y a aussi l’idée d’un hors les murs pour faire vivre et valoriser les villes et communes voisines à Lille.

 

Parmi les projets portés par la liste figure la construction d’une grande médiathèque métropolitaine accessible à tous les âges, en plus de la consolidation du réseau de médiathèque déjà existant avec des horaires élargis pour les étudiants. L’objectif est de renforcer les liens entre culture, sport et éducation populaire, afin de favoriser l’engagement citoyen et la participation des habitants à la vie locale.

 

Affiche de campagne Maël Zouareg-Truffier

Photo Arnaud Deslandes

 

Europe Écologie Les Verts et alliés : Repenser la culture du quotidien à Lille

 

À Lille, Emmanuel Quinchez, candidat écologiste dans une alliance de gauche (Génération.s et L’Après, sans le PS ni LFI), nous explique comment repenser la politique culturelle autour de trois axes majeurs.
Le premier consiste à restaurer une “culture du quotidien”, en réinvestissant les équipements municipaux, en développant un service civique culturel et en ouvrant de nouveaux lieux, notamment un cinéma indépendant d’art et essai et une médiathèque métropolitaine.

Le second axe vise à faire de Lille une ville hospitalière pour les artistes, en développant les résidences, les lieux de répétition et les occupations temporaires de friches.

Enfin, le programme prévoit de consolider le secteur culturel face aux crises économiques et climatiques, notamment en maintenant un budget culturel indexé sur l’inflation et en accompagnant la transition écologique des institutions. L’idée d’une triennale artistique autour des enjeux environnementaux est également évoquée.

 

Affiche de campage de Emmanuel Quinchez

 

Union des démocrates et indépendants : Faire rayonner Avignon toute l’année

 

À Avignon, le candidat UDI Olivier Galzi place la culture au cœur d’une stratégie d’attractivité touristique. Son projet vise à faire vivre la ville 365 jours par an, au-delà du seul Festival d’Avignon.

 

Deux nouveaux événements structurants sont proposés : « La Légende des Remparts », festival médiéval immersif organisé à l’automne avec marché d’artisans, défilés et spectacles historiques, et « Prima Luce », une fête printanière mêlant concerts, installations lumineuses et animations artistiques dans les rues de la ville.

 

Le programme inclut également « Le Grand Chapitre du Vin », événement dédié aux vins de la vallée du Rhône, ainsi que le retour d’un grand marché de Noël place de l’Horloge. L’objectif affiché est de soutenir les commerces, dynamiser l’économie locale et renforcer l’image culturelle d’Avignon.

 

La volonté de dynamiser la ville est évidente, mais tandis que l’horizontalité à Lille nous semble une belle idée, la vision d’un Avignon puys du fou nous glace et flirte davantage avec le spectacle touristique qu’avec une véritable politique culturelle de création.

 

Projet : La Légende des Remparts

Photo Facebook Olivier Galzi

 

 

« Deauville avec passion » : Une politique culturelle sur le long terme

 

À Deauville, le maire sortant Philippe Augier défend une politique culturelle construite sur plusieurs décennies. Pour lui, la culture constitue un levier d’égalité des chances et d’attractivité territoriale, et ne doit jamais être une variable d’ajustement budgétaire.

 

Cette stratégie s’incarne notamment dans Les Franciscaines, équipement culturel réunissant musée, médiathèque et salle de spectacle. Le lieu accueille expositions, événements et activités pédagogiques, notamment pour les jeunes publics.

 

La municipalité a également développé plusieurs festivals, dont le Festival de Pâques, qui célèbre bientôt ses trente ans, ainsi que des manifestations consacrées à la photographie ou au documentaire sportif. Pour Philippe Augier, cette offre culturelle participe directement à l’attractivité économique d’une ville dont l’activité repose largement sur le tourisme.

 

Photo Philippe Augier

 

Strasbourg : une politique culturelle centrée sur l’accès et la liberté de création

 

À Strasbourg, la culture occupe une place centrale dans l’action municipale. Comme nous l’a souligné Anne-Marie Jean, conseillère municipale sur la liste de Jeanne Barseghian (Les Écologistes). Le budget culturel est aujourd’hui le deuxième budget de la ville après l’éducation, représentant 347,90 euros par an et par habitant, soit plus du double de la moyenne nationale. Mais au-delà des moyens financiers, la municipalité insiste sur la nécessité de donner un sens politique et social à l’action culturelle.

 

La ville revendique notamment une position ferme en matière de liberté de création. Anne-Marie Jean cite l’exemple du Théâtre du Maillon, qui avait programmé une pièce évoquant Taïwan. Malgré la demande du consul de Chine de retirer le spectacle, la mairie a maintenu la programmation, affirmant clairement son attachement à l’indépendance artistique.

 

Lors du précédent mandat, la municipalité a également cherché à équilibrer soutien aux pratiques amateures et maintien des grandes institutions culturelles. Certaines structures ont accepté une réduction de budget d’environ 5 %, tandis que la ville poursuivait des investissements importants, comme la rénovation de La Laiterie ou la mise aux normes de l’Opéra national du Rhin.

 

Pour son prochain mandat, deux mesures phares structurent le programme culturel : la première est la « culture sur ordonnance », qui vise à renforcer les liens entre pratique artistique et santé. L’objectif est qu’à terme les médecins puissent prescrire des activités culturelles, concerts, ateliers artistiques ou visites, reconnues pour leurs effets positifs sur la santé, notamment mentale, et potentiellement prises en charge par la collectivité.

 

La seconde priorité concerne l’accès à la culture dès le plus jeune âge. La municipalité souhaite garantir à chaque enfant trois expériences culturelles par an pendant l’école élémentaire, en partenariat avec l’Éducation nationale et les activités périscolaires. L’ambition est de faire de la culture un droit accessible à tous, tout au long de la vie.

 

Photo de profil Jean Anne-Marie

 

La culture à l’épreuve des urnes

 

La question culturelle reste vaste et les propositions nombreuses. Nous vous invitons à consulter les différents programmes dans leur intégralité, notamment ceux que nous n’avons pas pu interviewer, ni le Rassemblement national ni La France insoumise n’ont répondu à nos demandes d’entretien. Dans un contexte où le budget national de la culture pour 2025 a été revu à la baisse de 58 millions d’euros par rapport au projet initial de loi de finances, ces ambitions locales prennent un relief particulier. La culture mérite un débat à la hauteur de son rôle dans la société, mobilisons-nous, et rendez-vous aux urnes les 15 et 22 mars prochains.