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En Iran, l’arrestation du co-scénariste de Jafar Panahi rappelle la fragilité de la liberté artistique

par Kenza Boumahdi
03.02.2026

Alors que le film Un simple accident poursuit son parcours international après sa consécration au Festival de Cannes, son coscénariste, Mehdi Mahmoudian, a été arrêté à Téhéran ce dimanche 1ᵉʳ février

Une arrestation symbolique dans un climat de terreur politique

Militant des droits humains et ancien prisonnier politique, il avait récemment signé une lettre dénonçant la répression des manifestations en Iran. Son interpellation confirme une stratégie désormais bien rodée : faire taire toute voix critique, y compris lorsqu’elle s’exprime par la création artistique.

Cette arrestation intervient dans un contexte de violence extrême dans le pays. Depuis la fin décembre 2025, les opposants du régime subissent des répressions de violence extrême, des centaines de manifestants ont été tués et des milliers arrêtés, tandis que les procès expéditifs et les menaces de condamnation à mort se multiplient. Dans ce climat, toute parole dissidente est assimilée à un crime politique.

Le réalisateur Jafar Panahi a annoncé l’arrestation de son ami sur les réseaux sociaux, exprimant sa profonde inquiétude. Les deux hommes s’étaient rencontrés en prison, où ils avaient partagé plusieurs mois de détention. Mahmoudian avait ensuite contribué à l’écriture des dialogues du film, apportant son expérience directe du système judiciaire et carcéral iranien.

Quarante-huit heures avant son arrestation, Panahi échangeait encore avec lui. Puis les messages sont restés sans réponse. Peu après, plusieurs médias ont confirmé son interpellation, ainsi que celle d’autres signataires de la lettre ouverte. Les autorités iraniennes, fidèles à leur opacité habituelle, n’ont communiqué aucune information claire sur les charges retenues.

Une liberté artistique sous pression

Le cas de Mehdi Mahmoudian met en lumière un paradoxe cruel : tandis que Un simple accident est salué sur les scènes internationales, l’un de ses auteurs est emprisonné dans son propre pays. Ce contraste illustre l’écart grandissant entre l’image culturelle que l’Iran projette à l’étranger et la réalité politique vécue par ses artistes.

Pour Panahi, cette arrestation dépasse le cadre individuel. Elle pose la question de l’avenir même de la création en Iran. La peur de la prison, des interdictions de travail et des représailles pousse de nombreux artistes à l’autocensure. Des projets sont abandonnés, des paroles se taisent, et les plateaux risquent de s’uniformiser sous la pression politique.

Dans ce système, l’art est perçu non comme un espace de réflexion, mais comme une menace potentielle. En frappant un scénariste lié à une œuvre primée à Cannes, le pouvoir envoie un message clair : aucune reconnaissance internationale ne protège contre la répression intérieure.

Au-delà du sort de Mehdi Mahmoudian, c’est donc toute une génération de créateurs qui se retrouve prise en étau entre visibilité mondiale et contrôle autoritaire. L’arrestation d’un homme de cinéma devient ainsi le symptôme d’un régime qui préfère faire taire ses artistes plutôt que d’entendre ce qu’ils ont à dire.

Dans l’Iran d’aujourd’hui, créer, témoigner ou simplement signer une lettre ouverte peut suffire à justifier l’emprisonnement. Et derrière chaque film célébré à l’étranger, se dessine une réalité plus sombre : celle d’une culture sous surveillance permanente.

Notre dossier sur l’Iran