On ne s’y attendait pas forcément, mais après les marques de cosmétiques et les lignes de vêtements, voici venue l’ère des Book Clubs chez les célébrités. Et dans cette vague de recommandations littéraires où l’on échange désormais des romans comme autrefois des playlists, Dua Lipa a, elle aussi, pris place autour de la table.
Mercredi 25 février, loin des scènes monumentales et des lumières, la star mondiale de la pop a convié quelques dizaines de lecteurs triés sur le volet au café De Vie, dans le 2e arrondissement de Paris. Une adresse discrète pour une soirée intime : discussions autour des livres, échanges d’ouvrages apportés par les participants, et atelier de céramique pour prolonger les mots dans la matière.
Ce goût pour les histoires n’a rien d’anecdotique dans son parcours. Née à Londres en 1995 de parents kosovars albanais ayant fui l’instabilité politique, Dua Lipa grandit entre deux cultures, entre le Royaume-Uni et le Kosovo, où sa famille retourne après l’indépendance du pays en 2008. Très tôt bercée par la musique grâce à son père, elle développe aussi un imaginaire nourri de récits, de déplacements, de reconstructions. À 16 ans, déterminée à devenir artiste, elle repart seule à Londres. Les débuts sont modestes : petits boulots, mannequinat, vidéos de reprises postées en ligne pour se faire repérer. En 2015, elle signe chez Warner Bros Records. Deux ans plus tard, son premier album, porté par New Rules, la propulse sur la scène internationale.
Depuis, la trajectoire est fulgurante. Collaborations avec Sean Paul, Martin Garrix, Calvin Harris ou BlackPink, virage disco assumé avec Future Nostalgia en 2020, tubes planétaires comme Don’t Start Now ou Physical : Dua Lipa s’impose comme une figure pop globale, à la fois commerciale et soigneusement construite.
Dans ce contexte, le Service 95 Book Club, lancé en 2023, apparaît moins comme une stratégie que comme un prolongement naturel. Sur cette plateforme, elle partage ses lectures et échange avec des auteurs. Son enthousiasme pour Le Fils de l’homme de Jean-Baptiste Del Amo, qu’elle dit l’avoir profondément marquée, en est un exemple récent. Lire, confie-t-elle, a toujours été un point d’ancrage, une manière de traverser les étapes, de donner du sens aux mouvements.
Le thème de la soirée parisienne, « le livre qui vous a trouvé au bon moment », invitait à une confidence collective, chaque invité devait apporter un ouvrage à transmettre à un inconnu. L’idée était de faire circuler les histoires comme on partage une chanson.
Pour participer à cette parenthèse littéraire, boissons et petites assiettes comprises, il fallait s’acquitter de 65 euros, après avoir été tiré au sort via la newsletter. Le prix d’un dîner, ou celui d’un beau livre relié, selon le point de vue.
Plus qu’un effet de mode, cette incursion dans le monde des lettres révèle une artiste attentive aux récits qui la traversent. Le temps d’une soirée, Paris a vu la pop rencontrer la prose, et les fans troquer les cris de concert contre des discussions à voix basse.
© Dua Lipa en concert