Réalisateur et producteur franco-américain, André Waksman s’est éteint le 31 décembre 2025. Il laisse derrière lui un héritage engagé, décolonial, qui s’inscrit dans la tradition de cinéma direct.
Ses origines semblent avoir tracé sa vie professionnelle et artistique. Juif polonais né en 1943, sa famille avait échappé à la déportation par une extraordinaire histoire de solidarité entre résistants suisses, français, espagnols et italiens.
Artiste abouti au-delà des frontières de l’audiovisuel, André Waksman avait étudié la peinture et le dessin à l’Université de Chicago et a pu exposer ses peintures et dessins, la plupart réalisés en Corse.
André Waksman s’est fait connaître – même si peut-être trop peu – pour ses réalisations engagées. Adepte d’un cinéma dit direct, il signe dans les traces de Jean Rouch des documentaires mémoriels et engagés. On peut retenir 1943 Le temps d’un répit (2009), portant sur l’aide envers les juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale et Bisignu Di Tè (2019) qui aborde la préservation de la culture corse. André Waksman avait en effet tissé un lien très fort avec l’Île de la Beauté, entre histoire d’amour et conscience politique militante pour les peuples opprimés.
André Waksman est aussi à retenir comme producteur : il fonde plusieurs sociétés de production à travers de sa vie, à savoir Vision Internationale et Vision Internationale Corsica. Entre biographie de Jean Paul Sartre et films sur la Réunion, en passant par la chute du pouvoir de Duvalier à Haïti, André Waksman produit et co-produit plus d’une soixantaine de films qui remplissent des rôles d’archive et d’outil d’éveil de la conscience. Dernièrement, on avait pu le voir dénoncer l’administration française en Kanaky – Nouvelle Calédonie. Même si cette dénonciation ne date pas d’hier : Le Monde lui dédiait un portrait en 1998 à l’occasion de la sortie de Nouvelle – Calédonie, l’Enjeu Pacifique.
Depuis le 15 janvier, il est possible de retrouver Haïti espoir, Bisognu di tè et Le Temps d’un répit sur la plateforme corse Allindì.
Visuel © Frédéric Fleury