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Centenaire : célébrer la chorégraphe et pédagogue Karin Waehner

par Marc Lawton
23.03.2026

En mars 2026, le Festival des arts du mouvement ouvre à Castets-et-Castillon un cycle de programmation qui se déploiera jusqu’en novembre, dans la France entière, à l’occasion du centenaire de la chorégraphe Karin Waehner. Spectacles, ateliers et rencontres prolongent l’héritage de cette figure majeure de la danse moderne à travers un ensemble de rendez-vous au long cours. Vous ne la connaissez pas, Cult.news vous dit tout sur cette immense chorégraphe.

Parcours : rencontre avec Mary Wigman puis avec la danse américaine

 

Hormis ceux et celles qui l’ont connu de son vivant et les spécialistes de la danse moderne en France, le nom de Karin Waehner (1926-1999) n’évoque que peu de choses pour le grand public. Et pourtant… On ne peut qu’encourager la (re)découverte de cette artiste exceptionnelle : danseuse, chorégraphe et pédagogue, son travail a laissé des traces profondes chez tous ceux qui l’ont croisée, qu’ils/elles soient artistes, enseignant.e.s, chercheurs/ses, élèves et aussi tout un chacun tant sa personnalité marquait toute rencontre.L’anniversaire des 100 ans de sa naissance est donc l’occasion cette  année de la remettre en lumière et cet hommage va prendre diverses formes : danses bien sûr, grâce à des spectacles, avec des créations et des reprises de répertoire, et un stage d’été, mais aussi une rencontre à la BnF (bibliothèque nationale de France) et une projection de film.  Elle est née à Gleiwitz (aujourd’hui Gliwice en Pologne), Karin grandit en pratiquant la gymnastique avec sa mère (méthode Mensendieck). Elle a 6 ans quand Hitler accède au pouvoir et on sait peu de choses sur sa jeunesse. En 1957, dans un pays vaincu et en ruines et après avoir perdu son père, elle rejoint à Leipzig en zone soviétique la grande Mary Wigman qui enseigne dans une maison dévastée, malgré les privations et le chaos. C’est pour elle le choc : elle a trouvé sa vocation. Karin danse, ressent les élans de cette « danse absolue », crée ses premières pièces et écoute les conseils de cette pédagogue avisée toujours dévouée à la danse. Wigman persiste à enseigner, même si la préférence de l’Allemagne bientôt divisée ira plutôt au ballet et boudera la danse d’expression (Ausdrückstanz), considérée comme datée et compromise avec le pouvoir nazi.

 

Après trois années riches et fondatrices, Karin, ne trouvant pas d’emploi répondant à ses aspirations, rejoint un de ses frères en Argentine et tente sa chance à Buenos Aires où elle présente en public ses chorégraphies. Peu sensible au comportement latin, elle suit le conseil du mime Marceau, alors en tournée, qui la pousse à rentrer en Europe et à aller en France. Elle débarque à Paris en 1953, ne maîtrise pas la langue tout de suite et se heurte à une méfiance contre tout ce qui est allemand. Elle se forme en classique auprès de Boris Kniaseff, en mime avec Étienne Decroux et danse avec Jean Serry. Heureusement, elle trouve sa famille artistique en rejoignant le groupe des Compagnons de la danse. Elle y rencontre d’autres danseurs marqués comme elle par la danse d’expression allemande, notamment Jerome Andrews, Jacqueline Robinson et les Dupuy (le tandem Françoise et Dominique).

 

Elle a entendu parler de la danse américaine et, naturalisée française en 1958, parvient à obtenir l’année suivante un visa pour les États-Unis. Partie passer l’été au Connecticut College, elle y voit les spectacles de l’American Dance Festival et étudie avec les grands de la modern dance de l’époque, notamment Martha Graham, José Limon et Merce Cunningham, tous enseignants. Elle travaille aussi avec le compositeur Louis Horst qui donne le cours de composition chorégraphique. Elle adoptera un temps l’enseignement de la technique Graham à son retour en France et, décidant de se structurer, fonde sa compagnie, les Ballets contemporains Karin Waehner. Elle effectuera un deuxième séjour aux États-Unis en 1966.

Paris : compagnie et enseignement

 

Elle trouve sa base à la Schola Cantorum, institution privée située dans le 5e arrondissement, y restera enseignante jusqu’à la fin de sa vie et y répétera toutes ses pièces. et y crée des œuvres comme Discours primitif (1959) et son solo fétiche, L’Oiseau-qui-n’existe-pas (1963, d’après un poème de Claude Aveline, cf. photo). Elle est accueillie à bras ouverts par le milieu du sport et enseignera beaucoup dans des CREPS, la danse moderne étant vue à l’époque d’un œil soupçonneux par les milieux de la danse classique et néo-classique (Opéra de Paris, Béjart, Petit, Charrat…). Les critiques Dinah Maggie (1903-1989) et Lise Brunel (1922-2011) la soutiendront d’abord dans Combat, puis plus tard dans le Quotidien de Paris, Danses et Rythmes et Le Matin de Paris et c’est grâce à elles que les pièces de ces pionniers/ères seront montrées, notamment au théâtre Récamier dans le cadre du Théâtre d’essai de la danse.

 

Mai 1968 remet en question ses acquis et, victime d’un accident de dos survenu sur scène, elle fait une pause pour reprendre la création au début des années 1970 avec des pièces comme Six chants d’Odetta, Sang et songe, Ceux qui attendent, Les marches et on la voit collaborer avec des musicien.ne.s, des plasticien.ne.s et ses propres interprètes qu’elle fait beaucoup improviser. On commence à fréquenter ses cours et ateliers et elle forme toute une génération de danseurs/euses parmi lesquels on trouve Angelin Preljocaj, Pierre Doussaint, Jean-Christophe Bleton, Jean Pomarès, Bruno Genty ou Odile Cougoule. Susan Buirge, toute juste arrivée de New York, trouvera en 1970 chez Karin Waehner un lieu d’accueil et une compagnie pour laquelle elle créera une pièce.

 

L’exposition Paris-Berlin au centre Pompidou en 1978 marque ses retrouvailles avec l’héritage de Wigman et l’expressionnisme. On célèbre en 1986 le centenaire de sa naissance de celle-ci avec un programme dédié à la biennale de la danse de Lyon. Karin y sera à l’honneur avec ses collègues des années 1950 et revisitera cette influence avec la pièce Sehnsucht (Nostalgie) en 1981.

 

L’Oiseau-qui-n’existe-pas

 

Pédagogie, militantisme et héritage

 

Dès 1982, Karin Waehner est la première professeure à enseigner la contemporain dans un conservatoire classé à La Rochelle. En 1989 est promulguée une loi qui encadre l’enseignement de la danse contemporaine, classique et jazz par un diplôme d’État. Ce sera pour Karin un nouveau souffle, elle qui, après avoir tenté une synthèse de ses influences, adoptera un enseignement plus organique, parlant du ressenti et de ce qu’elle appelait une « danse évolutive ». Elle travaillera beaucoup à accompagner les centres de formation dans cette nouvelle donne, continuant à enseigner jusqu’au bout, faisant preuve d’un militantisme exemplaire. Ses cours ne comportaient pas d’indications de niveau (les débutants voisinant avec les avancés ou les professionnels).

En 1993, elle publie un petit livre intitulé Outillage chorégraphique, et l’année suivante, la chorégraphe Anne Dreyfus lui propose de danser âgée dans une de ses pièces, Le corps est un menteur. Malgré son corps usé, elle accepte.

Ayant été diagnostiquée d’un cancer en 1998, elle renonce à lutter et s’éteint l’année suivante à 72 ans.

Il est essentiel de rappeler le rôle crucial que Karin Waehner joua dans la danse française au vingtième siècle. Sans elle, avec son militantisme et son travail acharné de pionnière (avec quelques autres), sans sa ténacité et son engagement total au service de la danse moderne dès les années 1950, la danse contemporaine française qui a « explosé » dans les années 1980 ne serait pas ce qu’elle a été. La France, où elle se fixa après la Deuxième Guerre mondiale non sans difficultés, avait fini par l’adopter même si une plus grande reconnaissance de son vivant aurait été bienvenue.

 

Ayant connu personnellement Karin, rencontrée dans un stage à Cannes en 1977, l’auteur de ces lignes se souvient avec émotion de son caractère entier, parfois impatient et intransigeant, et de nombreux moments de cours, d’ateliers, de discussions, de désaccords aussi, avec comme fil rouge la danse dans tous ses états. Le film documentaire qu’il lui consacra avait obtenu son aval et constitua un travail intense et de longue haleine. Il fut le résultat d’un patient travail d’équipe mais fut hélas terminé sans elle, après son décès et profita de la présence et des paroles de témoins qui l’avaient bien connu comme Angelin Preljocaj, Jacqueline Robinson, Lise Brunel, Mireille Delsout, Pierre Doussaint ou Laurence Louppe. Intitulé Karin Waehner, l’empreinte du sensible, d’une durée de 76′, co-réalisé par Marc Lawton et Sylvia Ghibaudo, il sortit en 2004, fut diffusé sur la chaîne Mezzo, profita d’une souscription et fut distribué en dvd. Il sera présenté à La Réole (33) le 17 juillet prochain.

Il y avait aussi beaucoup de moments de rire avec Karin: attention, pas question en cours de lui servir la « douche municipale » (les bras en couronne au-dessus de la tête en position de cinquième classique, qui lui faisaient penser à des pommeaux de douches !). Elle voyait tout et rythmait ses exercices de la voix ou du tambourin, mais appréciait beaucoup la présence de musiciens accompagnateurs. Quand venait à la barre les exercices de dos et d’ondulation de la colonne, la mobilisant du bassin jusqu’aux bras, sa formule favorite restait : « Ondule, crapule ! ».

Les archives de la chorégraphe, rassemblées dans un premier temps par son héritier artistique Jean Masse, ont été déposées par ses soins à la BnF, ce qui permet dorénavant le travail de chercheurs/euses. Installé près de Bordeaux dans un lieu rural dédié à la danse, Masse perpétue la mémoire et l’enseignement de Karin Waehner, notamment par un important travail en direction d’amateurs. Elle a également une visibilité sur le site de ressources national Numéridanse.

Deux soirées de spectacles permettront de découvrir comment d’ancien.ne.s danseurs/euses de Waehner relisent aujourd’hui ce dont ils ont hérité. Ce sont Bruno Genty, Marie Devillers, Marianthi Psomataki et Jean Masse lui-même. On pourra y voir deux moments de transmission d’œuvres de Waehner: un extrait de la pièce Sehnsucht, accompagné du solo L’Oiseau-qui-n’existe-pas. À Bordeaux seront aussi montrées deux propositions réunissant des amateurs et un solo de Claire Newland, coécrit avec Jean Masse ainsi que deux duos. À Paris en avril prochain seront présentés le 19 une soirée au Regard du Cygne, puis le 22  la rencontre à la BnF animée par Guillaume Sinthès (université de Strasbourg). Ces deux dates seront précédées d’un moment en Gironde dimanche 20 mars.

Le programme du spectacle de Paris sera repris et enrichi en novembre 2026 à Bordeaux.

Visuels © Jo Babout

À voir le dimanche 29 mars 2026 , Castets-et-Castillon (Espace Karin Waehner), puis le vendredi 10 avril 2026 à Paris (Le Regard du Cygne), et le Samedi 11 avril 2026 ,Paris (Schola Cantorum – Studio Karin Waehner), avant d’autres dates en France.

Lien vers le programme.

Pour aller plus loin :

– Isabelle Launay « Karin Waehner, une artiste migrante » (Paris 8, 2015-17) et de Guillaume Sinthès « Pratique de l’archive en danse ; l’exemple du projet Waehner 2015-2018 » (paru dans la revue Marges, 2017).

– Sinthès et  la chercheuse Mélanie Papin sur un projet autour de la correspondance K.Waehner/M.Wigman 1949- 1972 et obtenu une aide du Cnd . Sous l’intitulé Exposer/performer l’archive, une soirée recherche sur Karin Waehner avait eu lieu au Cnd le 15 décembre 2017, suivie le lendemain d’un colloque à la BnF.