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Carolina Bianchi « Je préfère l’inconfort et le trouble à la beauté »

par Amélie Blaustein-Niddam
27.02.2026

Du 22 au 25 avril 2026, la Comédie de Genève accueille The Brotherhood, le deuxième chapitre de la Trilogie Cadela Força de l’immense Carolina Bianchi, celle qui a renouvelé le genre de la performance en la malaxant avec l’histoire du théâtre et la littérature, nous parle de sa façon si particulière.

 

Vous présenterez The Brotherhood, le deuxième chapitre de votre Trilogie Cadela Força, à la Comédie de Genève en avril. Plus d’un an s’est écoulé depuis les représentations de la première partie, comment portez-vous aujourd’hui cette œuvre ?

Je réfléchis beaucoup aux conséquences de créer une trilogie et de travailler sur un projet aussi long. L’une des conséquences, je crois, est de ressentir très fortement le passage du temps, et il faut apprendre à composer avec cela. Bien sûr, des choses merveilleuses arrivent. Mais parfois, en regardant en arrière, je me dis : à ce moment-là, quand je commençais, j’étais peut-être un peu naïve face à ce sujet. Cela dit, après un an, ce qui reste très présent pour moi, c’est toute la complexité que cette œuvre met en discussion. De plus en plus. Ce n’est pas un mot qui reste simplement posé sur la page comme « non patriarcat ». Ce n’est pas cela. Il s’agit plutôt de travailler sur cette grande crise identitaire que nous traversons, et de comprendre aussi où nous nous situons dans une généalogie de l’histoire du théâtre : comment nous nous inscrivons dans ce langage. J’y pense de plus en plus. Et cela m’accompagne déjà dans le travail du troisième chapitre.
Je trouve également très intéressant de voir comment les différents langages traversent les chapitres. Dans le premier, il y avait la performance artistique comme point de discussion, mais aussi comme expérience. Dans le second, c’est le théâtre lui-même, dans cette forme de fantasmagorie et d’hyperthéâtralité, qui permet de rendre vivante la discussion sur l’histoire du théâtre.
Ce qui demeure pour moi, ce sont toutes ces complexités que chaque partie apporte. Et j’aime que chaque chapitre possède sa propre manière de parler, son propre vocabulaire.

Est-ce la première fois que vous jouez en Suisse ?

Avec The Brotherhood, oui. Mais en 2023, l’année de la première à Avignon, nous étions déjà venus en Suisse avec A Noiva e o Boa Noite Cinderela.
Nous avons aussi présenté ce spectacle dans d’autres villes, et nous irons à Zurich en mars avec A Noiva e o Boa Noite Cinderela.

Justement, parlons de A Noiva e o Boa Noite Cinderela. Je l’ai vu en 2023 à Avignon et ce fut une véritable révolution. Êtes-vous consciente de son impact ?

Honnêtement, non. Quand je crée une œuvre, je ne pense jamais à son succès éventuel ou à son impact. Ce sont des choses qu’on ne peut pas prévoir. J’ai commencé à travailler sur ce projet sans aucun soutien, à l’époque je venais tout juste du Brésil et je débutais mes études à Amsterdam. J’ai commencé à développer A Noiva e o Boa Noite Cinderela pendant mon master, de manière très fragmentée. Je ne savais pas comment l’œuvre allait se terminer, ni comment les gens allaient réagir.
Je me concentrais uniquement sur la possibilité de créer et de présenter quelque chose. Puis, lors de la première, en ressentant les réactions du public, j’ai compris que quelque chose de fort se passait.

Dans The Brotherhood, on peut dire que c’est le réveil après le sommeil dans A Noiva e o Boa Noite Cinderela. Il y a beaucoup de violence, les criminels sont regardés droit dans les yeux. Et la question du non-pardon revient beaucoup, est-ce votre position de ne jamais pardonner ?

Je ne pense pas en termes de pardon. Quand je dois pardonner, je me place automatiquement dans une position plus optimiste et acceptante.
Le ressentiment et la vengeance ne sont pas ma manière d’opérer. Ce qui m’intéresse davantage, c’est d’explorer les limites de nos comportements, ces moments où nous sommes remplis de rage, puis l’instant d’après d’admiration ou de passion. Cette complexité est, pour moi, le cœur de l’énigme que j’essaie de mettre en lumière dans The Brotherhood et A Noiva e o Boa Noite Cinderela.
Si je me place dans une position où je dois pardonner ou non, cela signifie que je détiens un savoir que l’autre n’a pas. Or, je ne pense pas que ce soit vrai.

Vous mélangez toujours réalité et fiction. Comment construisez-vous cet équilibre ?

Je ne cherche pas vraiment à résoudre l’opération entre réalité et fiction. Je travaille davantage à l’échelle de la représentation. Je suis sur la voie de la littérature. Quand j’écris, je ne me demande pas constamment ce qui est réel ou fictionnel.
Oui, j’écris toujours d’abord. Tout commence par la lecture et l’écriture. J’ai besoin d’imaginer, d’expérimenter mentalement. Par exemple, la scène du rituel dans The Brotherhood, au début de la seconde partie, avec uniquement les garçons sur scène rendant hommage au « maître » disparu, je l’ai d’abord écrite dans mon esprit. Ce n’était pas une improvisation. Ensuite, bien sûr, nous trouvons ensemble la manière de la réaliser. Même quand il s’agit d’éléments proches du réel, comme dans A Noiva e o Boa Noite Cinderela, je ne cherche pas la vérité. Ce qui m’intéresse, c’est la fiction et la littérature.

Il me semble que vous vous êtes construite avec beaucoup d’œuvres du début des années 2000. Quelles sont vos principales influences ?

J’ai toujours aimé le théâtre. Je viens d’une petite ville du sud du Brésil. Quand j’étais adolescente, il y avait un festival international très important dans ma ville, qui malheureusement a disparu à cause de la situation politique. J’y ai vu notamment Bob Wilson et Romeo Castellucci. Plus tard, à São Paulo, j’ai découvert d’autres artistes qui ont profondément marqué ma vie, notamment José Martinez Corrêa, du Teatro Oficina. José Martinez Corrêa a changé ma vie.
Je n’ai pas seulement des influences européennes. Je suis aussi passionnée de poésie et de littérature. Beaucoup de choses résonnent dans mon travail.
Et parfois, mes choix viennent aussi de contraintes matérielles. Avant A Noiva e o Boa Noite Cinderela, je n’avais presque pas d’argent pour produire. Je devais utiliser mon imagination. Des objets simples, peu coûteux, peuvent créer une grande puissance d’image.

Comment parvenez-vous à créer de la beauté à partir de la violence ?

Je ne cherche pas la beauté. Quand je choisis des objets, je ne cherche pas leur beauté, mais leur impact. La violence est un thème central de la trilogie : notamment comment elle a toujours été utilisée dans l’histoire de l’art.
Ce qui m’intéresse, c’est de la mettre en tension, sans la laisser tomber dans le piège de l’esthétisation. Je préfère l’inconfort et le trouble à la beauté. La beauté peut parfois distraire.

Quelle est votre relation à la pop music dans vos spectacles ?

Il y a deux dimensions musicales dans mon travail. D’abord, les compositions originales créées avec mon partenaire artistique Miguel Caldas. Elles dialoguent avec mes textes et créent un écho avec la Divine Comédie de Dante, comme si l’on entendait les résonances du voyage. Puis il y a les chansons pop. Elles font partie de l’énigme de mon imagination. Je ne peux pas totalement l’expliquer. Ces chansons sont présentes dans mon esprit lorsque je crée ; elles doivent apparaître. Ce n’est pas pour le public, c’est nécessaire. L’apparition de Let a Boy Cry de Gala dans The Brotherhood est très forte. La musique est quelque chose que nous portons près du cœur. Elle aide à toucher les gens, cela se retrouve chez beaucoup d’artistes, Angelica Liddell, Warlikowski…

Pour finir, vous travaillez déjà sur le troisième et dernier chapitre. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Je viens tout juste de commencer, ce n’est pas encore terminé. Tout ce que je sais pour l’instant, c’est que ce sera une pièce sur l’écriture. Sur ce qui se passe lorsqu’une personne écrit. C’est tout ce que je peux en dire à ce moment de la création. Je ne sais pas quand ce sera fini.

Du 22 au 25 avril 2026 à  la Comédie de Genève

Visuel en Une  : © Bea Borgers – courtesy by KDFA 2025

Visuels à l’intérieur de l’article : ©Mayra Azzi

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