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Bad Bunny au Super Bowl LX : une fête qui raconte Puerto Rico

par Melodie Braka
09.02.2026
Bad-Bunny-Superbowl-Puerto-Rico

On attendait ce show pour une raison évidente : pour la première fois, un artiste hispanophone assurait seul la mi-temps du Super Bowl. Quelques jours après son triomphe aux Grammy Awards, la pression était immense. Allait-il livrer une simple démonstration spectaculaire ou transformer cette scène en déclaration culturelle ? La réponse arrive dès la première image.

Les champs de canne à sucre : avant le stade, l’histoire

Le spectacle ne commence pas sous les projecteurs, mais dans un champ de canne à sucre. Ce choix est tout sauf décoratif. La canne à sucre raconte l’histoire économique et coloniale de Puerto Rico : monoculture, exploitation, dépendance. Autour, des travailleurs et travailleuses, des vendeurs et des vendeuses ambulant.e.s, des silhouettes populaires. Avant même que la musique ne démarre vraiment, Bad Bunny replace l’île au centre du récit américain.  La scène entière est recouverte de végétation inspirée de Vega Baja, la ville où il a grandi. Une verdure luxuriante envahit le stade. Habituellement, ce type d’effet est obtenu en roulant des chariots chargés de décors végétaux sur la pelouse. Mais les règles strictes de la NFL pour préserver le gazon naturel ont limité ces dispositifs. La solution a été brillante : habiller des performeurs en plantes vivantes pour recréer cette sensation organique. Puerto Rico ne fait pas irruption par décor artificiel. Il respire.

On aperçoit aussi une casita, un stand de piragua, des clins d’œil à la vie quotidienne insulaire. Ce n’est pas un décor tropical fantasmé, c’est une cartographie intime.

Puis le titre s’affiche en espagnol : “Tití Me Preguntó”.

Dans l’événement télévisé le plus emblématique des États-Unis, la langue dominante devient l’espagnol. Nous avons envie d’y voir une affirmation plus qu’une concession.

De la rue au salon : la fête infiltre l’intime

Bad Bunny apparaît, tout de blanc vêtu, épaules larges comme un joueur de NFL. Il traverse un décor de quartier, danse sur le toit d’une maison, puis chute à travers le plafond pour atterrir dans un salon. Ce passage est plus qu’un effet spectaculaire. Il brouille les frontières : la rue entre dans la maison, la culture populaire entre dans le foyer américain. Le reggaeton n’est plus un genre périphérique ; il investit le cœur du spectacle national. Les morceaux s’enchaînent : “Yo Perreo Sola”, des clins d’œil à Daddy Yankee, “Monaco”, “Nuevayol”. Le public danse. Les tableaux sont d’une précision chorégraphique impressionnante. Mais au-delà des symboles, il faut dire une chose simple : musicalement, c’est un grand spectacle.

Les danseurs et  les danseuses sont d’une précision remarquable, jamais décoratifs, toujours narratifs. Les chorégraphies puisent dans le reggaeton, la salsa, la bomba, la culture de rue, avec une énergie qui ne retombe jamais. Chaque tableau est pensé comme une fresque vivante. Les corps racontent autant que les paroles.

Et surtout, les musiciens sont omniprésents, dans une célébration du live. Percussions, cuivres, rythmiques latines, arrangements organiques : la diversité de la musique latino est représentée dans sa richesse. On passe du reggaeton à la salsa, du boléro aux sonorités plus urbaines avec une cohérence fluide. Ce n’est pas une bande-son géante. C’est une déclaration d’amour à la musique.

Puis surgit le coquí.

La petite grenouille, symbole sonore de l’île. Son chant accompagne les nuits portoricaines. L’introduire ici revient à dire : Puerto Rico est là. Vivant. À un moment, Maria Antonia Cay, connue sous le nom de Toñita, apparaît brièvement pour lui tendre un verre. Elle dirige le Caribbean Social Club à Williamsburg, l’un des derniers clubs sociaux portoricains de New York. Ce geste furtif relie l’île à sa diaspora, San Juan à Brooklyn, la mémoire à l’exil.

2019 en filigrane : pourquoi Ricky Martin était de la fête

Lorsque Ricky Martin apparaît pour interpréter “Lo que le pasó a Hawaii”, la séquence prend un relief particulier.

En 2019, son nom figurait dans les échanges Telegram du gouverneur Ricardo Rosselló, où circulaient des propos misogynes et homophobes. La publication de ces 889 pages a déclenché des manifestations massives à San Juan. Plusieurs centaines de milliers de personnes ont envahi l’autoroute Las Américas pour exiger la démission du gouverneur.

Ricky Martin, visé personnellement, quitte Los Angeles pour rejoindre la rue.

Bad Bunny, alors en tournée, rentre lui aussi sur l’île. Avec Residente et iLe, il publie “Afilando los cuchillos”. La chanson devient un hymne repris par la foule pendant dix jours de mobilisation. Le gouverneur finit par démissionner.

Alors, au Super Bowl, la présence de Ricky Martin, c’est l’invocation d’une mémoire commune.

Lady Gaga : la célébration des alliances

L’apparition de Lady Gaga s’inscrit dans cette continuité. Icône queer mondiale, elle partage une scène de mariage et danse la salsa sur “Baile Inolvidable”.

C’est la réunion historique de deux alliés LGBTQIA+.

La scène du petit garçon : transmettre la parole

À mi-parcours, un tableau plus intime surgit : un petit garçon regarde la télévision en famille. À l’écran, le discours prononcé par Bad Bunny aux Grammy Awards, lorsqu’il avait lancé “ICE out”.

Dans le spectacle, le trophée est symboliquement remis à cet enfant.

La phrase prononcée aux Grammy résonne encore :

We’re not savage. We’re not animals. We’re not aliens. We are humans, and we are Americans.

Ce moment prend une autre dimension quand on se souvient qu’il est devenu le premier artiste à remporter l’Album of the Year avec un disque entièrement en espagnol. L’enfant qui regarde incarne cette transmission : celle d’une culture qui ne demande plus la permission d’exister.

Maria, Trump et la mémoire du choc

Quand Bad Bunny entre avec le drapeau portoricain pour chanter “El Apagón”, la scène s’ancre dans une mémoire plus douloureuse.

Le titre signifie “la coupure d’électricité”. Il évoque les blackouts récurrents sur l’île. Sur scène, les danseurs et les danseuses sont vêtu.e.s en jíbaros, les paysans et les paysannes traditionnels portoricains. Ils grimpent sur des poteaux électriques qui étincellent et explosent. L’image est spectaculaire, mais elle renvoie à une réalité quotidienne.

En 2017, l’ouragan Maria dévaste l’île. Lors de sa visite, Donald Trump minimise la catastrophe et lance des rouleaux d’essuie-tout à la foule.

Puerto Rico est un territoire américain : ses habitants ont la nationalité américaine, mais ne votent pas à l’élection présidentielle.

Vers la fin du spectacle, Bad Bunny passe à l’anglais : “God Bless America.

Puis il énumère des pays d’Amérique du Sud jusqu’à l’Amérique du Nord, tandis que des danseurs et les danseuses défilent avec leurs drapeaux respectifs. Il termine par les États-Unis et le Canada.

Enfin, il saisit un ballon de football marqué “Together, We Are America” et le lance au sol.

L’écran géant du stade affiche alors : “The only thing more powerful than hate is love.

La phrase fait écho à son discours des Grammy.

Une réponse anticipée

La réaction présidentielle tombe rapidement après le show. Était-ce une surprise ? Probablement pas. Face à la confrontation, Bad Bunny a choisi la célébration. Face au clivage, il a mis en scène une Amérique élargie. Et indépendamment de toute lecture politique, le show tient debout par sa puissance de divertissement. Les tableaux sont d’une beauté saisissante, les transitions fluides, les chorégraphies millimétrées, l’énergie constante. Ce halftime n’était pas un réquisitoire. C’était une proposition. Une proposition dansante, vibrante, inclusive. Et peut-être, dans le climat actuel, la réponse la plus stratégique qui soit.

Visuel : ©MB