Cette 26e édition a mis plus que jamais la musique dans la lumière et le cinéma au diapason. Une programmation ultra-foisonnante, un plateau impressionnant d’invités et un palmarès très engagé ont une fois de plus montré que le Festival International Music & Cinéma (MCM) est devenu incontournable.
Cette édition du MCM du 24 au 29 mars, a réuni un public très nombreux, jeune et passionné qui a investi le cinéma Artplexe-Canebière Marseille et ses infrastructures. Le restaurant Rooftop transformé en journée en studio d’enregistrement radio, accueillait le soir divers évènements festifs. Les soirées se terminaient, quant à elle, après la dernière projection au BLUM avec des DJ sets notamment ceux du label marseillais Chinese Man Records.
Ce festival a plus que jamais dévoilé tout le dynamisme et la diversité des créations musicales et cinématographiques du moment, qu’ils soient en lice pour un prix, hors compétition, en séances jeunes public/famille, Coup de cœur, Cartes blanches invités ou dans le programme Accords en Duo. En tant qu’invité d’honneur Atli Örvarsson compositeur de Iron Man, Pirates des Caraïbes…des séries Silo, Runes, Sous emprise a donné une Master class très prenante consacrée à son parcours et à l’art de la composition. Autre invité, Boris Lojkine, le réalisateur de L’histoire de Souleymanedu, prix du jury de la section Un certain regard Cannes 2024 . Le don d’ubiquité nous a fait cruellement défaut.
Atli Örvarsson
@Marie Anezin
« Ils et elles repasseront par-là » n’est pas qu’une des sections du festival qui réunit auteurs, compositeurs, réalisateurs qui sont devenus professionnels et ont réalisé un film après leur passage ici, elle est la comptine qui martèle l’envie de chacun de revenir dans ce festival.
Certains y reviennent en compétition comme l’acteur -réalisateur Jean-Baptiste Durand et la musicienne Delphine Malausséna réunit ici-même en 2023 pour leur superbe CHIEN DE LA CASSE où « explosait » Raphaël Quenard.
Dans Les Artifices de Kahina Le Querrec, composition musicale de Kévin Malfait, Jean-Baptiste Durand est un père artificier durant l’été dans les campings, il découvre que sa fille est désormais en âge d’aimer.
Et Delphine Malausséna, a signé la superbe musique du poignant « CASSANDRE » présenté en compétition long, qui sort mercredi 2 avril. Une collaboration très étroite avec la réalisatrice Hélène Merlin qui nous en parle dans la Discult .
Dans la compétition courts métrages Le Grand Prix de la Meilleure Création Musicale a été attribué à COMO SI LA TIERRA SE LAS HUBIERA TRAGADO, un film de Natalia León, avec une musique originale de Diego Ayala Raffalli.
Au milieu de ces sujets graves, une comédie loufoque : POXO PEANUTS, court métrage animée d’Etienne GRIGNON. Poxo est un étrange grand homme qui regarde la télévision, seul hic l’image saute constamment. Un coup dessus et ça repart. Il lui faut trouver une solution pérenne qu’il va chercher dans la ville, elle s’avérera très haute en couleur.
Le long métrage On vous croit d’Arnaud Dufeys et Charlotte Devillers présenté en ouverture du festival a marqué tous les esprits et convaincu unanimement le jury composé du réalisateur belge Raphael Balboni, l’actrice Emma Luchini et Jérome Rebotier, compositeur de la musique de Monté Christo .Il a logiquement reçu le prix du meilleur film . Sortie en février 2026.
Ce titre On vous croit semble être un sous-titre à la plupart des fictions primées.
Arnaud Dufeys a également reçu la Mention Spéciale Fiction pour son court métrage Un invincible été, avec une musique originale de Lolita Del Pino, produit par Makintosh Films en Belgique.
La réalisatrice estonienne Anna Hints a une formation en art contemporain et musique folklorique, elle était à la Semaine de la Critique du dernier Festival de Cannes avec son court métrage Sauna Day coréalisé avec Tushar Prakash. Ici, elle a reçu le Le Prix Maritima TV « Med in Doc » pour son court THE WEIGHT OF LIGHT, musique originale d’Ann Reimann. Sous prétexte de trouver une vie meilleure, une jeune chiffonnière est confrontée à la perspective d’un mariage arrangé par son père. La photosensibilité du film, de flash en flash aveugle les pressenties bonnes intentions pour révéler une part documentaire du sujet et le vrai destin de cette enfant de 12 ans.
LE JEUNE SOFIANE de Fabien Ara, PRIX CINÉZIK et celui DU PUBLIC est un court « mémoire », une façon de faire entendre une vérité longtemps cherchée et la voix des parents de ce jeune homme de 16 ans, mort à Aix-en-Provence en 2005 dans une collision avec un camion de pompiers. Musique originale de Eliott Delafosse. Après plusieurs procès et appels, l’affaire est définitivement classée. Alors que selon les parents de Sofiane, leur fils a été accusé à tort et son taux d’alcoolémie élevé trafiqué. L’actrice Marie-Pierre Nouveau y est époustouflante de vérité, d’intensité dramatique dans le rôle de la mère. Un cri dans la nuit de l’indifférence.
Fidèle à deux des lignes maitresses du festival : le soutien à la diffusion des premières œuvres, la promotion de la diversité culturelle, le palmarès de la compétition internationale de court et long métrage s’avère très social et politique. Des films primés d’une diversité de formes et de musiques, des films chocs, de plein pied dans les actualités du moment, que ce soit en ce qui concerne tout type de violences, d’abus sexuels, de faits divers polémiques en France ou une visibilité sur des minorités des quatre coins du monde.