À Villeneuve d’Ascq, la magie s’invite là où on ne l’attend pas. Pour lancer la troisième édition du festival 100% Magie, La rose des vents mise sur une ouverture à la croisée des arts, entre illusion, musique et poésie visuelle. D’un côté, une exposition où les plantes prennent vie ; de l’autre, un duo pour deux pianos de la compagnie Blizzard. Avec ces propositions, La rose des vents met en lumière l’inventivité d’Antoine Terrieux et poursuit une collaboration artistique qui ne cesse de se réinventer.
Blizzard Concept se définit par la recherche et l’expérimentation de la magie sous toutes ses formes, et se donne à voir depuis ses débuts principalement au travers de deux médiums : le spectacle vivant et l’installation plastique.
Dans le développement de ses installations magiques, l’une des préoccupations centrales de Blizzard Concept est de pouvoir transposer l’expérience magique dans l’espace du réel, c’est-à-dire de sortir la magie de l’espace de représentation habituel, celui de la salle de spectacle, pour l’amener ailleurs, à commencer par l’espace muséal, mais également au-delà, dans de nouveaux espaces non dédiés : au détour d’une rue, aux abords d’un monument, d’un bâtiment abandonné, en pleine nature, dans une forêt, dans le ciel…
L’art de détourner le réel dans le réel prend tout son sens ; il fait naître une émotion, crée un impact sur le monde extérieur, et émerveille notre quotidien.
En cherchant à développer et théoriser la « Performance Autrement » et le « Hasard Merveilleux », les créations entremêlent la magie à d’autres disciplines : cirque, théâtre, musique, marionnettes, arts plastiques… Cette osmose pluridisciplinaire donne naissance à des formes artistiques singulières et hybrides, qui révèlent un travail de mise en présence et d’autonomie de l’objet, qui se révèle l’un des enjeux prépondérants des recherches de la compagnie.

Depuis maintenant 5 ans, la Cie s’intéresse particulièrement aux liens intrinsèques qui existent entre magie et musique à travers plusieurs recherches et créations.
Pour Jazz Magic, nous nous sommes intéressés à l’improvisation, nous avons analysé les similarités qui existent entre la cartomagie et le jazz. Avec Sorcellerie pour deux pianos, nous réalisons un concert de musique classique avec une sélection de pièces autour de la sorcellerie au 19ème siècle, illustré en magie et en ombre. Quant à Tropisme poétique, c’est une installation qui vise à montrer la réaction des plantes et leurs mouvements grâce à la musique.
La magie et la musique ont toutes deux le pouvoir de captiver et d’émerveiller les gens, de transcender la réalité, de jouer avec le temps, et de réenchanter notre quotidien. Quand la musique génère des images, des souvenirs, des émotions dans nos cerveaux, la magie, elle génère des images dans le réel. La magie nous fait croire en l’impossible, tandis que la musique peut nous transporter dans un monde de rêves et d’émotions. Dans la musique, le temps est une composante essentielle qui structure la mélodie, le rythme et l’harmonie. Le temps est utilisé pour créer des motifs répétitifs, des crescendos et des décroissances, et pour donner un sens de progression à la composition musicale. De même, dans la magie, le temps est souvent manipulé pour créer des illusions et des effets spectaculaires. Les magiciens utilisent des techniques de diversion et de timing pour créer des moments de surprise et d’émerveillement chez leur public. En fin de compte, tant dans la musique que dans la magie, le rapport au temps est crucial pour susciter des émotions et des réactions chez ceux qui les expérimentent.
La particularité de l’art et de la magie que nous défendons tend à révéler les fils qui tissent notre réalité tout en brouillant les pistes pour continuer à rêver. Cet équilibre fragile en fait sa puissance poétique. Je situe mon travail là où la performance s’arrête : lorsque l’on dépasse le réel et là où la sensation et l’émotion magique commencent et interviennent, là où elles prennent leur sens. C’est dans cet espace, variable selon les individus, que se joue toute une panoplie d’émotions : nos sens sont perturbés, nos repères déroutés, notre envie éveillée. Je souhaite provoquer la curiosité que le décalage face à l’accoutumance provoque, et susciter l’intérêt du spectateur, la remise en question de ses repères établis, son ouverture à d’autres points de vue. Émouvoir dans son sens étymologique, mettre en mouvement, et par extension : agiter, troubler, faire naître, et en définitive… émerveiller.

Depuis plus de 10 ans, nous réalisons des expositions en parallèle de chacun des spectacles. Il s’agit de dispositifs uniques qui partagent une esthétique globale : celle d’une forme animée et autonome, qui provoque une émotion magique.
Chaque création naît d’une idée poétique. Elle propose un décalage dans l’espace commun, accentue un phénomène naturel, déjoue les lois de la physique ou met en lumière un objet du quotidien en le détournant de sa fonction première. Cependant chaque œuvre est unique, et se meut dans une poétique singulière.

Dans la recherche de l’expérimentation et de l’autonomie de l’objet, j’ai eu l’idée d’aller plus loin en expérimentant avec le vivant.
Il s’agit d’appliquer le phénomène d’amplification à la réalité même, et de créer une magie du réel.
Cette création est issue d’un long travail de recherches et d’expérimentations, calé sur le rythme et la temporalité du monde végétal.
La plante télégraphe est à la genèse du projet. Aussi appelée la plante qui danse (codariocalyx motorius), originaire d’Asie du Sud, c’est une espèce dite « sensitive » étudiée pour comprendre les mécanismes de perception chez les plantes. On dit qu’elle « fait danser ses feuilles comme des serpents ». Mais étonnement ses mouvements en présence de musique restent un mystère pour les scientifiques. Chose amusante et à l’origine du projet, si vous l’entraînez chaque jour, elle progresse et danse de mieux en mieux comme une ballerine à la barre. Cette plante aurait donc besoin d’un entraînement, nécessairement fondé sur une sorte de mémoire.
Cette dernière plante étant trop fragile pour s’exposer sous nos latitudes, nous avons adapté son principe à d’autres plantes, tout en nous documentant sur le monde botanique.
C’est ce croisement des savoir-faire qui a permis la réalisation de Tropisme poétique, des plantes qui dansent. Dans l’installation, la magie est au service du vivant : elle nous permet de déjouer la réalité, afin de mettre en valeur la nature, de donner à voir les plantes dans leur complexité et leur simplicité, et de voir ce qui n’est pas toujours possible de voir à l’œil nu en accélérant l’échelle du temps pour orchestrer une chorégraphie des plantes en réaction à une nappe musicale.

Créatrice d’une magie des possibles, la Cie s’appuie sur le réel pour le transformer et réenchanter le monde qui nous entoure. Si la magie nouvelle est l’art de détourner le réel dans le réel, le champ d’exploration de Blizzard Concept n’a pas de limite.
Pour émerveiller, il est nécessaire d’expérimenter. Donner naissance à une émotion magique implique un temps de recherche et un laboratoire d’expériences ; cela demande un développement technique approfondi accompagné d’une dramaturgie et d’un langage visuel et sonore.
L’identité de Blizzard Concept se trouve dans un espace d’interstice entre les arts et les sciences. Notre vision de l’artiste est celle d’un chercheur qui a pour but de questionner le monde, de repousser les frontières de la connaissance et de rendre visible l’invisible. L’artiste comme le scientifique trace un nouveau chemin et ouvre une nouvelle piste pour sortir du préétabli et du conventionnel.

Le festival 100% Magie est un temps fort qui permet de favoriser les rencontres des diverses formes de magie qui existent aujourd’hui, de montrer la pluralité de cet art. Nous avons déjà présenté Jazz Magic par le passé. Nous sommes donc très heureux d’y présenter à la fois Sorcellerie pour deux pianos et Tropisme poétique, des plantes qui dansent pour cette nouvelle édition.
Festival 100% Magie
3e édition – du 26 mars au 09 avril 2026
Retrouvez Antoine Terrieux et la cie Blizzard Concept :
Exposition Tropisme Poétique, des plantes qui dansent
Du 26 mars au 09 avril 2026, La rose des vents – Petite salle, Villeneuve d’Ascq
Sorcellerie pour deux pianos
Les 26 & 27 mars 2026, La rose des vents – Grande salle, Villeneuve d’Ascq
Atelier cartomagie avec Antoine Terrieux
Le 28 mars 2026, La rose des vents, Villeneuve d’Ascq
Plus d’infos : www.larose.fr