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Anne-Claire Legendre à l’Institut du monde arabe : la page Lang se tourne

par Kenza Boumahdi
18.02.2026

Il y a des successions qui ressemblent à des passations tranquilles, et puis il y a celles qui marquent une rupture presque esthétique. À l’Institut du monde arabe, le départ de Jack Lang ne s’est pas fait dans la douceur d’un hommage consensuel mais dans le fracas d’une affaire devenue embarrassante, et c’est dans ce contexte chargé que la nomination d’Anne-Claire Legendre prend tout son sens, comme si l’état avait décidé non seulement de tourner une page, mais d’en changer la typographie.

Diplomate de carrière, arabophone, spécialiste du Maghreb et du Moyen-Orient, proche conseillère d’Emmanuel Macron, Anne-Claire Legendre a un profil de haut-fonctionnaire qui tranche avec le passé politique de son prédécesseur. À 46 ans, elle devient la première femme à diriger l’IMA, ce qui n’est pas anodin pour une institution qui se veut à la fois culturelle et tournée vers l’avenir. Mais au-delà du symbole, c’est surtout le profil qui intrigue, étant plus une experte des équilibres géopolitiques, formée aux subtilités diplomatiques, qu’une personnalité culturelle.

 

Ce choix dit beaucoup du moment que traverse l’Institut. On parle désormais de « modernisation de la gouvernance », de « trajectoire financière soutenable », ou de « comité de déontologie », de limitation des mandats et même d’âge maximal pour présider. Derrière ce vocabulaire technique affleure une volonté très claire de remettre de l’ordre, de rationaliser, d’encadrer, comme si l’IMA devait d’abord redevenir irréprochable avant de redevenir inspirante.

 

Une diplomate pour remettre de l’ordre

Il faut reconnaître que l’institution, créée pour établir des liens forts entre la France, l’Europe et les sociétés arabes contemporaines, est à la fois un lieu culturel vibrant et un outil diplomatique stratégique. Sous Jack Lang, elle avait regagné en visibilité et en fréquentation, mais elle était aussi devenue indissociable de sa personnalité. Avec Anne-Claire Legendre, le centre de gravité semble se déplacer : moins d’incarnation spectaculaire, davantage de méthode, peut-être une gestion plus sobre, plus contrôlée, plus alignée avec les priorités de la diplomatie française.

La question n’est donc pas de savoir si elle est compétente, puisque tout dans son parcours en atteste : diplômée de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), ancienne ambassadrice de France au Koweït et actuelle conseillère d’Emmanuel Macron pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient… mais plutôt de savoir si cette solide expertise diplomatique saura se transformer en véritable vision culturelle. Car diriger l’Institut du monde arabe, c’est faire dialoguer des imaginaires, accueillir des voix multiples parfois dissonantes, et accepter que la culture déborde toujours un peu des cadres administratifs qu’on tente de lui imposer.

Ce changement ressemble donc moins à une simple nomination qu’à un repositionnement. Reste à voir si cette prudence saura cohabiter avec l’audace nécessaire à toute institution culturelle qui prétend faire vivre un véritable dialogue entre les mondes.