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Adieu Matti Caspi, chanteur israélien mythique, des kibboutz aux tropiques

par Hanna Kay
08.02.2026

Matti Caspi a tiré sa révérence à seulement 76 ans, ce dimanche 8 février. Il laisse une musique poétique, métissée, traversée par le rêve collectif d’une génération. De Tel-Aviv à Rio de Janeiro, avec des détours par les Balkans inscrits dans sa mémoire, Caspi faisait chanter l’hébreu autrement. Voix chaude, mélodies accueillantes, reprises de standards brésiliens traduits dans sa langue : chez lui, la chanson devenait un passage, une façon très élégante de relier les mondes.

Rêver encore.

Matti Caspi, c’est une génération. Celle qui avait envie de danser, née dans les kibboutzim dans les années 1950-60. Une génération idéaliste, collective, persuadée qu’on pouvait construire une société avec une volonté optimiste de partage, d’égalité et de justice. Les années 1970, date des premiers albums du chanteur sont déjà un moment fragile, fissuré, entre la guerre des Six jours de 1967 et la guerre de Kippour de 1973. « Nous ne savions pas que nous étions nés en 1960 sur une étoile dont la lumière était morte depuis longtemps. En 1947, la population des kibboutzim avait atteint son maximum et représentait 7 % de la population juive vivant en Israël. Plus que 3,3 % dans les années 1970», écrit Yaël Neeman dans son ouvrage Nous étions l’avenir . L’utopie se rétracte, mais la musique reste, chante  et garde la trace.

Entre Israël et le Brésil

Né au lendemain de la création de l’Etat d’Israël en 1949 dans le kibboutz de Hanita, en Galilée à la frontière libanaise, Caspi commence très tôt la musique. À cinq ans, il apprend la flûte à bec, puis la mandoline et l’harmonica auprès de Shmuel Gogol, musicien rescapé de la Shoah, qui animait régulièrement des ateliers pour les enfants du kibboutz. Le piano suivra. En 1968, il effectue son service militaire comme musicien au sein du Southern Command Band — un passage fondateur qu’il considérait comme le véritable début de sa carrière de compositeur et de producteur. Repéré par Arik Einstein, figure majeure de la chanson israélienne, il est rapidement invité à partager la scène.

Dès ses premiers albums, à partir de 1974, s’impose une voix singulière : un phrasé libre, ouvert aux circulations culturelles, sans jamais renoncer à la musicalité propre de l’hébreu. En 1977, il signe l’un de ses projets les plus emblématiques avec l’album et le concert  A Beautiful Tropical Land , aux côtés de Yorik Ben David, Zila Dagan, Yehudit Ravitz et Korin Alal. Caspi y adapte en hébreu des chansons brésiliennes, dont « Pais tropical », classique de Jorge Ben Jor, et livre une très belle reprise à la mélancolie nouvelle que les sonorités de l’hébreu transmettent « Samba em prelúdio », composée par Vinicius de Moraes et Baden Powell. Plus tard, il mélangera également d’autres styles musicaux, entre reggae, et influences jazz et musiques tziganes.

Des Balkans au kibboutz, la chanson comme destin

À propos de sa manière de composer, Matti Caspi racontait : « Je n’ai aucun contrôle sur ce que je crée. La chanson naît entièrement, avec son propre rythme. » Une spontanéité nourrie d’écoutes multiples. « Je ne vis pas seul dans le monde, moi aussi j’écoute de la musique », précisait-il. Parmi ses influences majeures, la musique tzigane d’Europe de l’Est et les rythmes des Balkans occupent une place centrale. Enfant, il passait ses samedis à écouter des émissions de musique folklorique à la radio, dans la salle commune du kibboutz : « J’avalais ces sons. », confie-t-il. Une mémoire familiale, transmise notamment par son grand-père roumain.  Comme souvent, une carrière se construit aussi par les rencontres. Celle que Caspi forma avec le parolier Ehud Manor reste l’une des plus fécondes de la chanson israélienne. Caspi parlait d’une relation « très spéciale » : lorsque Manor posait ses mots sur ses mélodies, « c’était comme si les deux avaient été écrits ensemble ». Manor allait plus loin encore, qualifiant Caspi de « d’âme soeur », « l’homme dans l’âme duquel la mienne est gardée ». Aucun n’a jamais corrigé l’autre — ni une note, ni un mot. De cette complicité sont nées des chansons devenues classiques, comme « Lo Yadati SheTelchi Mimeni » (Je ne savais pas que tu partirais), « Brit Olam » (Alliance éternelle) ou « Shir HaYonah » (Le Chant de la colombe). En 1994, une compilation intitulée Great Songs, rassemble leurs plus belles chansons, témoignant, au fil de vingt titres, de cette alliance affective et créative.

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Matti Caspi aimait aussi se tenir en retrait, composer pour les autres, laisser l’espace.

« Mon rêve était de travailler avec d’autres chanteurs et de laisser leur personnalité prendre le dessus en studio, afin que je puisse adapter mon style au leur », expliquait-il. « Cela implique qu’on peut faire beaucoup de choses avec une chanson, au-delà de se contenter de la version connue. La musique est faite pour être utilisée par d’autres. » Cette philosophie s’est incarnée dans de nombreuses collaborations scéniques et discographiques, avec notamment Raquel Caspi, Yoni Rechter, Yehudit Ravitz, le Toucan Trio (formé en 1998 accompagnant Matti Caspi dans son show Brazil Summer Time), Meir Banai, Rami Kleinstein, Aviv Gefen ou Riki Gal.

En mélangeant les styles musicaux sans frontières, Matti Caspi a participé à diffuser la musique israélienne dans le monde. En parlant de son trio de musique brésilienne, il disait : « Le Toucan Trio mérite tout le soutien et toute l’aide nécessaires afin de renforcer et d’imposer ce groupe rare comme une référence majeure de la culture locale et comme des ambassadeurs de tout premier plan de l’art israélien partout dans le monde, apportant à Israël une reconnaissance considérable et un grand honneur. » Sur son site internet, l’image d’accueil mêle un vinyle, un portrait dessiné et un petit personnage plein d’humour — reflet de l’enfant sensible qu’il n’a jamais cessé d’être. Puis le récit se déploie, accompagné de photos de ses proches, de ses amis, de sa famille, comme si l’on entrait chez lui. Une simplicité désarmante, touchante et profondément poétique que l’on retrouve dans ses mélodies qui nous font encore rêver. Merci Matti.

Pour aller plus loin, c’est ici. 

Vis

uel : pochette d’album, 1974.