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À la Philharmonie de Paris, Elisabeth Leonskaja célèbre ses 80 ans avec Schubert

par Hannah Starman
09.01.2026

Les 5 et 6 janvier, pour fêter son 80e anniversaire, Elisabeth Leonskaja nous offre un double concert Schubert. Devant une salle Pierre Boulez comble, la légende du piano aborde les dernières œuvres de son compositeur fétiche avec une fulgurance tendue et une tendresse exigeante. Un régal pour ses admirateurs, anciens et nouveaux !

« La dernière grande dame de l’école soviétique du piano »

 

Elisabeth Leonskaja, naturalisée autrichienne, est née le 23 novembre 1945 à Tbilissi en Géorgie d’une mère juive et d’un père russo-polonais. Ses parents s’y sont retrouvés après avoir fui Odessa pendant la guerre. Enfant prodige, Elisabeth Leonskaja commence à prendre des leçons de piano à sept ans, intègre l’école de musique de sa ville natale et fait ses débuts publics à onze ans. En 1964, elle remporte le Concours international de piano Enescu à Bucarest avec Aram Khachaturian et Arthur Rubinstein dans le jury. La même année, elle entre sans examen au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou et intègre la classe de Yaakov Milstein, le grand-père de la pianiste française Nathalia Milstein. Peu après, elle participe avec succès au Concours Long-Thibaud-Crespin à Paris et au Concours Reine Élisabeth à Bruxelles. Par l’intermédiaire de son mari, le violoniste Oleg Kagan, Leonskaja rencontre Sviatoslav Richter dans les années 1960. Ils joueront de nombreux duos ensemble et enregistrent en 1995 les sonates de Mozart, transcrites pour deux pianos par Grieg. Richter a eu une influence décisive sur son développement musical et ils sont restés amis proches jusqu’à sa mort en 1997.

 

Elisabeth Leonskaja quitte l’Union soviétique pour Vienne en 1978 et fait sensation au Festival de Salzburg en 1979, la performance qui la propulsera sur la scène internationale. Depuis, elle s’est produite en tant que soliste avec pratiquement tous les grands orchestres du monde tels que le New York Philharmonic, le London Philharmonic Orchestra, le Zurich Tonhalle Orchestra, le Berlin Philharmonic Orchestra et le Vienna Philharmonic, sous la direction de chefs d’orchestre tels que Kurt Masur, Vladimir Ashkenazy, Kurt Sanderling, Maris Jansons, Tugan Sokhiev et bien d’autres, tout en conservant une forte présence dans des festivals tels que ceux de Salzbourg, Vienne et Lucerne, mais aussi aux schubertiades de Hohenems et Schwarzenberg. Leonskaja est également une chambriste passionnée, qui a collaboré avec des ensembles tels que les quatuors Alban Berg, Emerson, Borodin, Artemis et Jérusalem. Sa prodigieuse discographie compte une soixantaine d’albums, dont une intégrale des sonates pour piano de Schubert, un coffret de musique russe (Tchaïkovski, Rachmaninov et Chostakovitch) et dernièrement, un album dédié à la Seconde école viennoise (Schoenberg, Webern et Berg).

 

Trois Klavierstücke, la Wanderer Fantasie et la Sonate pour piano n° 21

 

Pour ces deux récitals à la Philharmonie de Paris, Elisabeth Leonskaja propose un programme articulé autour des dernières œuvres de Franz Schubert, mort prématurément à 31 ans, le 19 novembre 1828.

 

Le premier soir, Leonskaja – qui joue sans partitions – ouvre les festivités avec les Trois Klavierstücke D. 946, ces « Impromptus posthumes », composés en 1828 et publiés par les soins de Brahms en 1868. Vêtue d’une robe noire sobre et élégante, Elisabeth Leonskaja conjugue l’expressivité, la douceur, la joie et la noirceur avec une grâce toute viennoise, empreinte d’une profonde musicalité et exprimée dans un phrasé russe qui donne au romantisme germanique un saisissant aspect moderne. Elle enchaîne les morceaux sans pause et avec une parfaite maîtrise technique, couplée d’une ferveur hiératique et contenue.

 

Leonskaja interrompt les applaudissements et poursuit avec la Wanderer Fantasie. Composée en 1822 et dédiée à Carl Emanuel Liebenberg von Zsittin, la Fantaisie du voyageur est l’œuvre techniquement la plus difficile de Schubert. Les quatre mouvements s’enchaînent sans pause et leur exécution exige une remarquable force. Leonskaja interprète la Wanderer Fantasie avec une précision tranchante, une formidable puissance et une attention aux nuances qui rendent son interprétation particulièrement vivante. Comme un rayon de soleil qui pénètre dans une pièce sombre et couvre de lumière un chat somnolant dans un fauteuil, un sourire discret se dessine parfois sur son magnifique visage patricien, créant l’impression qu’elle est engagée dans une conversation intime animée. Rappelée sur scène trois fois, elle s’incline dans toutes les directions et repart aussitôt.

 

Leonskaja termine la première soirée avec l’ultime sonate pour piano de Schubert. Achevée le 26 septembre 1828, quelques semaines avant la mort du compositeur, la Sonate pour piano n° 21 est son testament musical : une œuvre grandiose dans l’esprit de la grande sonate beethovénienne. Des trois dernières sonates, la n° 21 est la plus belle, la plus poignante et la plus équilibrée. Schubert y multiplie les couleurs et les ambiances, passant de la sérénité au désespoir, de la joie à la mélancolie et la rage. À l’instar de Richter, Elisabeth Leonskaja joue le Molto moderato fidèlement à la partition, à savoir, lentement.

 

C’est dans cette dernière partition où Schubert « s’attarde, se répète, comme nous faisons avec les amis que nous […] ne reverrons peut-être pas », comme l’indique Michel Le Naour dans la brochure accompagnant le programme, que Leonskaja séduit une fois de plus avec son talent de conteuse captivante. Son discours est à la fois tenu et pétri d’un charme sobre jusqu’au coda final où elle exprime avec une force rare la férocité désespérée de cet ultime adieu à la vie. Les applaudissements explosent et de nombreux spectateurs bondissent de leurs sièges. Leonskaja revient plusieurs fois sur scène et joue un seul bis : l’Impromptu n°2 D. 935, une autre pièce tardive de 1827.

 

Sonates pour piano n° 17, n° 16 et n° 18 « Fantasie »

 

Le lendemain, Leonskaja propose trois sonates de Schubert publiées du vivant du compositeur. Conçues comme un ensemble, ces œuvres ont été composées pendant une période où Schubert serait en bonne santé et de bonne humeur. Elles sont louées pour leur qualité et leur ambition.

 

Sans attendre que les applaudissements cessent, Elisabeth Leonskaja ouvre la soirée avec la Sonate n° 17 en ré majeur op. 53 D. 850, connue sous le nom de Gastein, d’après la station thermale dans les Alpes autrichiennes où Schubert l’a composée en août 1825. La Sonate n° 17, la plus riante du répertoire schubertien et débordante d’un élan impérieux qui sied parfaitement à Elisabeth Leonskaja dont on admire l’énergie sereine et assurée. Son jeu est d’une tendresse ferme et sa gestuelle aussi élégante qu’économe. Elle tient un rythme vivace du premier mouvement sans aucun mouvement superflu. Pendant les digressions contemplatives, pétries de sensualité, d’émotions et d’inventions sonores du deuxième mouvement, Leonskaja esquisse un sourire comme si elle saluait avec pudeur un vieil ami cher. Dans le Scherzo dansant et musclé que la pianiste austro-russe exécute avec éclat, Schubert développe une idée enjouée avec une écriture harmonique exubérante et de fréquentes et brusques modulations de registre, de textures et de tonalités. Sans laisser le temps aux spectateurs de tousser comme une assemblée de phoques tuberculeux, elle enchaîne tout de suite avec le Rondo final et termine la sonate de 40 minutes avec une coda calme et sobre aux airs d’un adieu.

 

Elisabeth Leonskaja enchaîne tout de suite avec la Sonate n° 16 en la mineur op. 42 D. 845. Composée en mai 1825, elle marque une étape décisive vers le style mature du compositeur. Riche d’invention et d’expressivité, la Sonate n° 16 est rigoureusement construite et resserrée dans la forme et dans l’écriture, tout en gardant – malgré son caractère sombre et mélancolique – une fraîcheur et une originalité mélodique et harmonique. Leonskaja introduit le premier thème, rempli d’une nostalgie intense, et accélère vers le second d’un pas assuré et d’un geste gracieux. Elle appuie les contrastes dansants de l’Andante, toujours dans la recherche de l’émotion la plus juste, qu’elle exprime ensuite, tel un brillant coloriste, au travers d’une palette large et parfaitement équilibrée. Son interprétation du Scherzo ténébreux et capricieux est habitée par une lumière intérieure qui lui insuffle la douceur d’une berceuse. Dans le Rondo final, Leonskaja traduit avec la dévotion d’une mère aimante et sévère les états d’âme et l’énergie intense d’un Schubert oscillant entre l’exaltation et le désespoir.

 

Après l’entracte, Elisabeth Leonskaja joue la dernière pièce de ce marathon schubertien, à savoir, la Sonate n° 18 en sol majeur « Fantasie » op. 78 D. 894. Composée en octobre 1826, la Sonate n° 18 est une œuvre intime et poétique, la favorite de Sviatoslav Richter. Franz Liszt l’a qualifiée de « poème virgilien », alors que Robert Schumann l’a considérée comme « la plus parfaite de toutes quant à l’esprit et à la forme ». Tel un flâneur arpentant les rues d’une ville inconnue, Leonskaja interprète le premier mouvement rêveur avec une exquise lenteur qui révèle avec chaque accord presque murmuré le moindre détail de ses silences prégnants. Les irruptions intempestives du second thème sont tenues et énergiques.

 

Elisabeth Leonskaja retrace le fabuleux parcours qu’est la Sonate n° 18 – son ampleur, son essence contemplative, et ses emportements dramatiques – avec une parfaite maîtrise technique, une ligne mélodique ferme et une affection moqueuse et indulgente que l’on réserve aux amis proches. Il n’y a pas de doute que pour Elisabeth Leonskaja, Schubert en fait partie. Dès les dernières mesures du finale qui évoque la fête villageoise et les danses populaires que Leonskaja joue avec la vitalité qui la caractérise, les applaudissements et les bravos retentissent dans la salle. Fidèle à elle-même, Leonskaja jouera, sans se faire prier, deux généreux bis, et quittera la scène sans revenir. Pas même pour récupérer un splendide bouquet de roses rose pâle que quelqu’un a déposé sur le piano.

 

Visuel : © Marco Borggreve