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28e édition du Printemps de Sévelin : une alchimie joyeuse signée Kylie Walters et Patrick de Brahm

par Camille Zingraff
22.02.2026

Pour sa 28e édition, Les Printemps de Sévelin prennent une nouvelle ampleur. Sévelin 36 et l’Arsenic, sous l’impulsion de Kylie Walters et Patrick de Rham, collaborent, promettant un festival joyeux, politique et résolument contemporain ! Véritable plateforme pour la création chorégraphique suisse et internationale, l’événement se veut un lieu de « construction d’imaginaires, de projets sensibles et intellectuels alternatifs ».

Pour commencer cette interview, pourriez-vous vous présenter et nous expliquer votre collaboration pour cette 28ème édition ?

 

Kylie Walters : Nous sommes touxtes deux à la direction de lieux culturels lausannois emblématiques, ouverts et reconnus pour la création contemporaine. Nous évoluons avec des artistes talentueux·euses et aventureux·euses suisses et de l’international. Sévelin 36 est un lieu dédié aux cultures chorégraphiques d’aujourd’hui et l’Arsenic est un centre d’art scénique pour la création contemporaine en théâtre, danse et performance.

 

L’Arsenic et Sévelin 36 partagent une complicité sur le plan humain ainsi qu’une admiration respective l’une de l’autre. Notre proximité géographique (nous sommes voisins) est la cerise sur le gâteau. Nous avons eu envie de faire évoluer le festival Les Printemps de Sévelin vers une plateforme véritablement festivalière et internationale, de densifier le programme tout en gardant une fraîcheur poétique et impertinente. C’est évidemment un moment important pour les artistes suisses et internationaux·ales de rencontrer publics et pros.

 

Patrick de Rham : Lausanne est une ville importante pour la danse et nos deux maisons voisines y ont consacré beaucoup d’énergie avec de nombreuses réussites et un esprit commun engagé et aventurier. Nous collaborions d’ailleurs de manière régulière et parfois sur les Printemps. Du côté de l’Arsenic, depuis la fin du festival Programme Commun en 2024, il nous manquait clairement un moment de plateforme, tant pour la visibilité internationale que pour les publics. Au début nous avons pensé à une collaboration sur une des semaines du festival des Printemps, puis il nous a paru logique que l’Arsenic rejoigne le festival pour une collaboration complète, avec une ambition et une envergure.

 

Comment se déroule la construction de votre programmation ? Notamment concernant l’équilibre entre artistes nationaux comme et internationaux sachant que Les Printemps de Sévelin se placent à la pointure de la création chorégraphique et sont de véritables tremplins artistiques ?

 

KW : Le moment venu, quand on s’est dit « allons-y » pour de vrai – j’avais presque bouclé ma programmation côté Sévelin 36. Quand nous nous sommes mis autour de la table avec Patrick, ses propositions m’ont semblé tout à fait dans l’esprit des Printemps de Sévelin, respectant un grand équilibre de programmation des artistes internationaux·ales et suisses avec une emphase sur les créations chorégraphiques récentes ou nouvelles. J’étais enthousiaste et confiante. Même le moment de la construction de la grille de programmation ensemble, qui est le moment le plus technique et complexe, a été fluide et plein de joie !

 

PdR : De mon côté, j’ai fait ma programmation alors que celle de Kylie était déjà sur la table. Cela m’a permis de penser à l’équilibre tout en finalisant la mienne.  Les Printemps est un festival de coups de cœur, d’envies, pas un festival de consensus comme par exemple les plateformes nationales…

 

Vos espaces artistiques et d’accueil apparaissent comme des espaces militants, quelle place laissez-vous à cette politisation de vos structures et de vos choix artistiques ?

 

PdR : Les artistes ont une grande liberté sur leur action et sont à l’avant-garde des changements sociaux et politiques. Iels emmènent nos maisons dans leur sillage – c’est un grand privilège pour nous – et nous leur assurons notre soutien, dans le succès comme dans l’adversité. Notre relation aux publics, aux référentiels alternatifs ou minorisés, notre positionnement dans ce qu’il faut désormais appeler une guerre culturelle est éminemment politique.

 

KW : Les artistes chorégraphiques programmés proposent des œuvres qui ont une force indéniable qui agit sur le sensible, sur le plan poétique, sur le plan chorégraphique, sur le plan politique. Je pense que dès qu’il y a un focus comme Les Printemps de Sévelin sur les danses, leurs imaginaires, leurs voix et leurs contextes sociétaux sont visibilisés. Aujourd’hui comme hier, nous souhaitons donner la place aux nouveaux formats et aux langages chorégraphiques qui sont inattendus, frais, beaux, courageux ou inspirants, de par leur engagement artistique et expérimental.

 

Ce sont de véritables lieux de contre-pouvoir, et l’intersection des luttes semble être au cœur de votre ADN, artistique et humain. Quelle importance y accordez-vous ?

 

PdR : Il nous semble important de sortir d’un activisme de façade, devenu l’apanage du marketing de nombreux lieux culturels ou de certains programmes de mécénat, pour prendre des risques réels aux côtés des artistes. Parallèlement, il est important de ne pas tomber dans le piège de déléguer aux artistes la responsabilité de trouver des solutions aux problèmes mondiaux, à la fracture sociale, au colonialisme, à l’exclusion, à la destruction de notre biotope. C’est le travail des politicien·x·nes. L’art est un aiguillon, ce n’est pas un remède.

 

Dans quelle mesure cette attention portée aux corps pluriels que vous visibilisez influence-t-elle votre manière de penser la danse, mais aussi l’accueil des publics ?

 

KW : Pour moi, qui ai grandi en Océanie et qui vis en Suisse et en Europe depuis presque 30 ans, mes référentiels pour penser les danses sont de toute façon pluriels. J’apprécie et je suis à la recherche des voix chorégraphiques qui me font voir différemment nos manières de danser et les relations que l’on entretient (entre nous-même et nos corps physiques dans l’espace construit ou avec la nature qui nous entoure). Nous portons aussi une attention à ce que les publics puissent faire l’expérience du festival autour des danses et de ses musiques qui appellent à la danse, avec des moments proposés pour pratiquer lors des workshops et des soirées de fêtes programmés. En dansant ensemble, on (re)pense les danses et invente les danses de demain.

 

PdR : Personnellement, ce sont surtout les idées que je désire plurielles et rebelles. Cela passe par une remise en question saine de la suprématie blanche européenne qui a beaucoup régné sur l’histoire de l’art, sur les mythes, sur les histoires. Des nouvelles histoires qui amènent de nouveaux publics et de nouveaux débats, de nouvelles confrontations, avec toujours la même exigence artistique. Nous avons un besoin immense de construction d’imaginaires, de projets sensibles et intellectuels alternatifs.

 

Depuis plusieurs années, la politisation de la fête, moment joyeux et de partage, revient sur le devant de la scène, et aux Printemps de Sévelin, chaque vendredi ou samedi accueillent des soirées, qui d’après ce qu’on m’en a dit sont mémorables. Pour vous, qu’incarnent ces soirées ?

 

PdR : Il me semble important d’appliquer à ces fêtes les mêmes exigences que celles du reste de la programmation. Tiran Willemse et Nkisi ont invité le collectif multidisciplinaire bâlois OKRA pour une soirée qui sera une suite logique de leur performance panafricaine.

 

KW: Les fêtes des Printemps sont des moments portés par les artistes, les publics, les danses et les musiques. Les artistes invité·x·es pour les soirées ou DJ sets comme MULAH, Dorli ou asiangirlsonly, the OKRA collective sont de l’Europe, de la Suisse, de l’Asie, du Maghreb, du continent Africain. C’est stylé ! On a hâte de danser.

 

Pour finir, cet engagement politique assumé a-t-il déjà rencontré des résistances — notamment en matière de subventions ou de reconnaissance institutionnelle — dans le contexte suisse ?

 

PdR : En Suisse, les résistances et les attaques sont silencieuses, sous-marines. Une partie de la presse, par exemple, ne parle pratiquement plus de nous. À l’Arsenic, comme à Sévelin je pense, nous ne subissons aucune pression politique et notre liberté de parole et de programmation est grande. Toutefois il est évident qu’un positionnement assumé peut créer des ennemis, mettre en danger des institutions ou des carrières… ou au contraire trouver une adhésion ! L’engagement de nos maisons pour les droits humains, pour la critique des mécanismes de violence et d’extraction me parait parfaitement légitime.

 

KW : Je suis peut-être une optimiste dans une ère qui sent le crépusculaire, mais je pense que l’art est l’un des antidotes au « brainrot ».Pour les politiques et les publics, il me semble que nous sommes respectés pour notre liberté de programmation et notre flair. Je me sens soutenue. Les Suisses croient encore dans l’art, soutiennent les artistes et les formes artistiques expérimentales d’aujourd’hui et de demain, ce que nous présentons pour le festival.

Visuel : ©affiche

 

Les Printemps de Sévelin : du 5 au 22 mars 2026 !

 

Billetterie et programmation en ligne sur les sites de Sévelin 36 et de l’Arsenic.